Ce matin pour votre rentrée, vous nous présentez un groupe cubain : Okonkolo, formé par un percussionniste New Yorkais...

Le groupe de musique cubaine Okonkolo a sorti son tout premier album "Cantos", en août 2018, avec la collaboration du percussionniste new-yorkais Abraham ‘Aby’ Rodriguez.
Le groupe de musique cubaine Okonkolo a sorti son tout premier album "Cantos", en août 2018, avec la collaboration du percussionniste new-yorkais Abraham ‘Aby’ Rodriguez. © Capture d'écran du clip "Oba" d'Okonkolo

N'en déplaise à un ex-président français, l'Afrique est entrée dans l'histoire depuis belle lurette. Parmi les nombreux royaumes qui la constituaient, les Yorubas, se distinguèrent dès le XVIème siècle par leur civilisation urbaine avec des cités florissantes. Ils donnaient le la à toute l'Afrique grâce à leurs tambours fracassants, les tambours "batá", avant que la traite des esclaves ne les éparpillent sur le continent américain. 

Leurs dieux transposés sur les nombreux saints des églises catholiques, donnèrent les Orishas au Brésil, le vaudou en Haiti, et enfin la Senteria à Cuba, la religion des saints. Et voilà que par la grâce du percussionniste new yorkais Aby Rodriguez, et de son groupe Okonkolo, aujourd'hui, Steve Reich, Phil Glass, Jean Sébastien Bach sont convoqués aux côtés des divinités des plus vieilles du monde.

Et maintenant, il faut se rendre à l'évidence, les vaudous, sont parmi nous ! L'invasion des migrants, c'est une blague à côté. Votre gamin écoute Justin Bieber? Vaudou ! Votre Grand mère écoute Glenn Gould ? Vaudou !

Vaudou = esprit. La musique rend grâce aux esprits.

Rendre grâce : donner en retour ce qui est dû, faire de la musique, c'est rendre ce qui est donné. 

Les musiciens se pluguent là-haut, et en retour, leur musique s'élève en nous élevant.. 

La musique c'est le véhicule qui mène la louange aux dieux, c'est le facteur qui amène les bonnes nouvelles...

Et que signifie le nom Okonkolo ?

Okonkolo, c'est le nom du tambour "batá" le plus aigu, ces congas à deux peaux empilés par trois. Okonkolo, c'est la puissance des lignes scandées, l'enfantine répétition, la pratique ancestrale du call and response, la parole du récitant reprise par les choeurs.

Tout ça produit une dialectique de la transe, à quoi s'ajoutent les lignes des cuivres, du piano ou de l'orgue, qui respectueusement se mêlent, sans ramener leur science, mais avec la joie de l'origine. De Bach à Steve Reich en passant par Wagner, tous les compositeurs ont cherché la pureté du geste musical originel. Okonkolo c'est l'ablution qui lave l'air saturé pour nous rendre audible à nouveau la beauté du monde.

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