Réveil en fanfare avec le compositeur le plus léger du "Great American Song Book" : Cole Porter, servi par le crooner le plus électrique : Harry Connick Junior, sur l’album "True love : a celebration of Cole Porter"

Le growl, c’est entre le grognement et le ronronnement, en somme un ronronnement un peu râpeux, dont on ne sait s’il exprime le contentement ou la menace, le félin avant l’attaque ou le gros matou repus. On dit qu’un saxophone growle quand il vrombit comme un moteur à gros cylindres, provoquant une saturation comparable à celle des guitaristes rock, mais sans artifice électrique, juste parce que le saxophoniste envoie tout jusqu’à faire péter les clés. C’est comme ça qu’il chante, Harrick Connick Junior.

Oscillant entre la douceur et la colère, sans doute le plus charnu des crooners, le plus goûteux, le plus iodé aussi.

Si je parle de lui comme un ostréiculteur, c’est qu’il y a une gourmandise évidente dans son chant, et quelque chose de la sauvagerie de la Nouvelle Orléans. Harry Connick Junior relève la noble corporation des crooners, des murmureurs en anglais, d’un cran, d’une aspérité, d’un éclat vénéneux et toxique, comme les mélodies de Cole Porter.

Ils sont deux à se détacher parmi les grands compositeurs américains de jazz. George Gerschwin et Cole Porter. Le premier, auteur entres autres de Summertime, Rhapsodie in Blue et Porgy and Bess, le second de Night and Day, I’ve got you under my skin ou I love Paris. Le premier étudie à Paris avec Ravel, le second, va aussi à Paris, mais pour y faire la fête. Cole Porter né avec une cuillère d’argent dans la bouche, Gerschwin, fils d’immigrés juifs fuyant les pogroms, jouait du piano dans la rue pour y vendre la musique des autres.

Qu’est ce qui rend cette musique intemporelle ?

Le fait qu’on la triture sans arrêt. Un standard, c’est du matériel pour travailler. Depuis les années 1930, ces chansons, écrites pour les comédies musicales de Broadway à la base, sont le matériau privilégié de ces improvisateurs virtuoses que l’on nomme des jazzmen, et ça va continuer comme ça probablement pendant cent ans encore, tant que le grand réchauffement nous prête vie.

Tous se sont exercés à interpréter les chansons de Cole Porter pour mettre en lumière à chaque fois un aspect nouveau.
 

Cette fois, il y a comme une énergie sauvage dans le big band qui accompagne Harry Connick Junior, et aussi des plages de sobriété absolue un peu déglingo, comme ce piano solo joué par Harry Connick lui-même : Begin the Beguine

Références des extraits diffusés à l'antenne

  • Anything goes 
  • I love Paris 
  • I Concentrate on You 
  • Begin the Beguine 

Vidéos

  • Légende du visuel principal: Harrick Connick Junior © Getty / Axelle/Bauer-Griffin
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