Ce matin Kandace Springs, magnifique chanteuse de jazz, rend hommage à toutes les grandes figures du jazz féminin qui l’ont inspirée et fait grandir…

Kandace Springs rend hommage aux chanteuses de jazz
Kandace Springs rend hommage aux chanteuses de jazz © Getty / Lorne Thomson / Contributeur

Il vient un temps dans la vie d’une artiste, lorsqu’elle a trouvé son style, lorsqu’elle a répondu à ces questions existentielles : Qui suis-je ? Ai-je enfin affirmé ma personnalité ?  Les gens vont-ils me reconnaître au premier mot ? Qu’est-ce-que j’amène par rapport à toutes celles qui ont existé avant moi ? Quand on a enfin répondu à ces questions, ou que ces questions n’ont plus d’importance parce qu’on a enfin trouvé sa voix, et que l’on possède sa manière d’aborder n’importe quel thème, alors on peut enfin s’asseoir, et leur rendre hommage, les remercier pour ce qu’ils ou elles nous ont apporté, et plus encore, on a envie de dialoguer, de jouer avec, d’aborder ces chansons qui nous ont inspiré et de vivre le rêve d’en partager une, dans un rapport d’égal à égal, et là on chante comme jamais parce que l’autre vous regarde et vous pousse vers vos limites que vous franchissez avec bonheur et gratitude.

C’est de ça qu’il s’agit dans cet album, The women who raised me, les femmes qui m’ont élevée, et avec qui désormais Kandace Springs partage le même piédestal…

Et curieusement, dans l’échange avec Norah Jones, c’est Kandace Springs qui semble pousser Norah Jones à se surpasser, l’émulation fonctionne à merveille, sans jamais tourner au duel, tant l’émotion est sincère chez ces deux formidables chanteuses, et des sentiments jaillissent que n’auraient jamais pu produire l’une sans l’autre, c’est comme vous Nicolas avec Léa, ça s’appelle la magie du duo..

Aneesa Strings à la contrebasse, Taylor Moore à la batterie, Kandace Springs avec ses musiciennes rend hommage aux grandes figures féminines qui l’ont inspirée.  Ces femmes qui en un autre temps, choisissaient dans un big band le musicien le plus costaud pour se mettre avec afin de tenir les autres en respect, c’était ça aussi la réalité d’une chanteuse de jazz.

A la fin du très joli documentaire qui accompagne Kandace Springs dans les rues de Harlem à la recherche de Billie Holiday, d’Ella Fitzgerald , de Carmen Mac Rae et des autres, il y a cette parole : Cette musique c’est la tradition orale des marginaux que nous étions. On ne nous permettait pas de lire, on ne nous permettait pas d’aimer, on ne nous permettait pas de penser, mais le dimanche, on avait le droit de célébrer en chantant, et la musique a été notre seul moyen d’expression, c’est pourquoi je la remercie. Avec cet album, je veux que les femmes du monde entier se voient comme elles sont…

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