Ce matin, André Manoukian nous présente un pianiste allemand : Martin Kohlstedt, créateur de mélodies hypnotiques…

Un piano préparé, les chœurs du Gewandhaus de Leipzig, ou lala, pas n’importe quoi, Leipzig, pensez, la ville où officiait le maître des chœurs des maîtres des chœurs, le kapel meister des kapel meister, Jean Seb, Bach, Dieu quoi…

Jean-Sébastien qui en a écrit des chorals, tous les dimanches, pour la messe. Mais là il ne s’agit pas d’une messe. Même si il y a du sacré dans la musique de notre jeune pianiste compositeur contemporain, Martin Kohlstedt. Par "contemporain", on entend chez nous "atonal", quand on renonce à la tonalité, quand on abolit, la mélodie, c’était la modernité. Et voilà que nous assistons de nos jours au retour à la tonalité, la musique devient-elle réactionnaire elle aussi, la quête du sens nous ramène-t-elle en arrière.

Plutôt que d’entamer un débat douteux, vissons nos casques sur nos oreilles avec la musique de Martin Kohlstedt et regardons défiler le paysage, du train, du métro, soudain la beauté du monde nous apparaît. Ça, ça vaut toutes les querelles musicologiques… 

Martin, il a fait du classique, et très vite du jazz. Et puis il a eu envie de suivre son chemin, de s’échapper de la dictature des genres en mettant à profit la technique venue de ses expériences d’improvisateur.  Qu’est ce qu’un compositeur si ce n’est un improvisateur qui mémorise son impro et en fait une œuvre. Martin se fait un set de claviers, tel Rick Wakeman, le claviériste du groupe Yes qui dans les années 1970 empilait ses synthés et les jouait avec une grande cape et un ventilateur dans les cheveux, sauf que Martin n’a pas besoin de ces artifices désuets pour nous emmener ailleurs..

Les Allemands ont deux religions, la musique et la nature. Mais il y a aussi du  cinématique  dans l’écriture de Martin.  Ce genre qui supprime la mélodie pour privilégier des riffs de piano répétitifs et des textures atmosphériques. Le maître en est le pianiste Thomas Newman, avec les bande sons de films tels que Revolution road, American Beauty ou encore La ligne verte.

La naïveté de  cette écriture nous emmène vers la mystique orientale  d’un Herman Hesse, l’auteur de Sidharta et du Loup des steppes.

Ah la beauté du  lâcher prise, fermer les yeux, méditez, respirez lentement..

En vidéo

  • Légende du visuel principal: Capture d'écran du clip officiel de Martin Kohlstedt "Exa", sur son compte officiel youtube https://www.youtube.com/watch?v=p_hQj6OvIx0
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