Focus sur la chanteuse Lana Del Rey, qui suscita adulation, puis controverse, jusqu’à ce dernier album : "Norman Fucking Rockwell".

Capture d'écran du clip officiel de Lana Del Rey  "Doin’ Time"
Capture d'écran du clip officiel de Lana Del Rey "Doin’ Time"

Lors de la sortie du premier album de Lana Del Rey, le buzz fut si rapide et d’une telle ampleur qu’il dépassa sans doute les espérances de ceux qui le conçurent, sauf que c’était un buzz propre, portant uniquement sur la qualité de ce l’on allait entendre. On était en 2011, tous ceux qui comptaient sur la planète musique n’avaient qu’une question quand ils croisaient un collègue :" Alors, tu as écouté ? T’en penses quoi ?" Parce que bien sûr, des fuites savantes avaient été organisées, partageant l’humanité entre trois catégories, ceux qui avaient écoutés Lana Del Rey, les copains de ceux qui avaient écouté Lana Del Rey et ceux qui prétendaient être copains avec quelqu’un qui avait écouté Lana Del Rey, ces derniers étant les plus critiques bien sûr. 

La question qui émergeait  alors était simple : est-elle fake ou pas ?

Une chanteuse avec autant d’attitude, c’est suspect. Une chanteuse qui arrive à réconcilier deux genres a priori opposés, l’ado dépressive et la femme fatale, et qui surtout, nous initie à une sensation inédite : la tristesse californienne.

Dans Once Upon a time in Hollywood, Tarentino fixe la fin de bien des innocences, la fin du rêve californien, la fin du rêve hippie. Au visage candide de l’héroïne s’oppose cinquante ans plus tard la moue triste de Lana Del Rey. Dont le patronyme hispanique semble dire qu’elle porte les racines de cette terre qui fut espagnole, puis mexicaine, puis américaine. 

Lana Del Rey est l’éternelle fiancée d’un Zorro qui aurait peur de l’amour et du réchauffement climatique.

Elizabeth Grant née à New York, fille de Rob et Patricia Grant, s’est refait une parenté, comme Corto Maltese s’était refait au couteau les lignes de sa main. 

Pour mère, elle se choisit Lana Turner, et pour père … une Chevrolet des années 50, le modèle Delrey. La fille d’une actrice et d’une voiture mythique se doit de vivre dans la cité des anges.. Et d’y trimbaler sa splendide mélancolie.

Accent traînant, musique cinématographique, langueur torride, mélodies pentatoniques, chinoiseries sans affect pour aller à l’essentiel,  la langueur monotone de Lana Del Rey la classe dans les envoûteuses de catégorie A, portée par des mélodies épiques qu’elle trouve avec sa guitare et les six accords qu’elle connait, elle a ce don, Lana, de nous donner le vertige horizontal des grands espaces… 

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