Ce matin un quartet psychédélique semblant surgir du flower power des années 70, et pourtant bien contemporain et bien français : Automatic city…

Extrait King Money King 

C’est quoi le psychédélisme… Psuché, l’âme en grec, et déïloun, montrer, rendre visible.. Psychédélique, qui rend les âmes visibles. Le mot fut inventé en 1956 par le psychiatre américain Osmond dans un échange de lettres avec Aldous Huxley, alors qu’ils cherchaient tous les deux un mot pour désigner les effets des nouvelles drogues que l’on expérimentait joyeusement dans les milieux scientifiques, militaires et dans les services secrets.

Montrer l’âme dans tous ses états et que voit-on : Des rosaces infinies s’imbriquant les unes dans les autres, des kaléidoscopes mous produisant des feux d’artifices géométriques. Comme les fugues de Bach répondaient aux ogives géantes des cathédrales gothiques, naquit la musique psychédélique ; la transposition en sons d’hallucinations fantastiques, produisant une des musiques les plus illustratives, organiques tendance champignon, avec des effets de  phasing, des distortions tranquilles, et aussi des sons venus d’Orient, dont le fameux sitar indien et son bourdon, qui résonne, longtemps après que l’on ait fait vibrer la corde jusqu’au plus profond de ses os.C’est ça la musique d’Automatic city…  

Extrait Gas o line

Cette musique déjantée n’est pas née à Goa de la rencontre de néo hippies san franciscains en rupture de start up, non, nos quatre garçons dans le vent viennent … de Lyon, ma bonne ville natale, et celle de Bernard Pivot, où coulent trois fleuves, le Rhône , la Saone et le beaujolais. Mais ce que vous ne savez pas Nicolas, c’est que le pont de la Guillotière mène vers l’Orient. C’est par là que partaient les soyeux vers la chine, pour se fournir en précieuse marchandise. Et nos 4 lascars ne font que suivre la voie de ces bons bourgmestres lyonnais en empruntant la route de la soie..

Extrait Tiger Man 

André, il y a du blues aussi dans la musique d’Automatic city ?

Oui, on va même dire que c’est leur inspiration première.Leurs premiers albums en sont imprégnés, un blues roots et rural, parfois même avec un seul accord, au lieu des trois traditionnels, comme le blues des origines, celui né de la rencontre des amérindiens et des africains, mêlant les monodies incantatoires des Indiens, avec cet étranglement vocal si caractéristique. 

L’énumération des souffrances qu’on infligeait aux esclaves, va petit à petit donner un récit personnalisé, avec des histoires plus individuelles, cette fameuse plainte métaphysique du mec qui s’est fait piquer sa gonzesse par son meilleur copain…

Il y a tout ça dans la musique d’Automatic City, et plus encore !

Extrait See my jumper hanging on the line 

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