Pour ouvrir le bal de cette semaine de 'Manouk & Co' dans la matinale, André Manoukian présente '¡Caramba!', le nouvel album d'un big band qui se fait appeler Bigre !.

Pour commencer, cette chronique nous emmène en direction de Cuba, où l'on voit l'une des danses les plus caliente, mêlée à la langue de Molière, et qui ne répond qu'à une seule injonction : Mambo !

Et soudain on a l'impression d'être au bout d'une nuit torride à la Havane et d'avoir bu des coups toute la nuit avec Hemingway dans son bar, la Floridita, ou encore d'être sur un trottoir de Spanish Harlem à New York, au sortir d'un club, pendant qu'à l'intérieur, les salseros de Ray Baretto enchaînent les breaks. Mais non ! Le disque ici présenté est celui d'un orchestre qui n'est ni celui de Ray Baretto ni celui de Tito Puente, mais celui d'un certain Félicien Bouchot, trompettiste de son état, intitulé du très gaulois nom de Bigre !. La chanteuse se nomme Célia Kameni et tous sont lyonnais !

¡Caramba! est leur sixième album en 10 ans et, après avoir exploré l’afrobeat, le jazz éthiopien, la musique des Balkans, la dub et le RnB, Bigre ! réunit aujourd’hui la musique cubaine et la chanson française.

La musique afro-cubaine est l'une des plus belles rencontres musicales du XXe siècle : l'Afrique des vaudous, l'Espagne de la habanera et les cuivres des big-bands new-yorkais.

Au XVIIIe siècle, les colons français importent en Louisiane et dans les Caraïbes une danse parisienne : le quadrille des Tuileries. À la Nouvelle Orléans, cette danse deviendra le ragtime, à a Réunion le Sega, et à Cuba le danzon, qui va s'exporter à New York dans les années 1930 pour devenir le mambo.

Si cette musique est si puissante, c'est qu'elle a gardé le caractère de son africanité intacte.

Si l'italien est la langue de l'opéra, l'anglais la langue du rock, le français est la langue... des constats d'huissier ! Dans la liste de la musicalité idiomatique il se classe en avant-dernière position, juste devant le japonais. Aussi, c'est un vrai miracle que réussit Célia Kameni, la chanteuse du groupe Bigre !,en reprenant sur ce disques des chansons de Piaf , Barbara, Brel ou Jeanne Moreau.

Dans sa voix, pas d'effets de diva "dramajazz", du haut de sa splendide coiffure afro, elle ne toise pas, mais, les yeux fermés, elle renverse sa tête en arrière pour aller chercher le son et projeter, avec un rire au fond de la gorge, de splendides aiguës, dans un aplat naïf et juste, sans fioritures, sans roucoulades ni "espagnolades".

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