Elle s’appelle Dominique Fils-Aimé, il va falloir retenir son nom, elle vient du Canada et porte haut une forme de blues de la modernité…

Dominique Fils-Aime en concert au Centre Culturel Canadien de Paris dans le cadre du festival Aurores Montreal, novembre 2019
Dominique Fils-Aime en concert au Centre Culturel Canadien de Paris dans le cadre du festival Aurores Montreal, novembre 2019 © AFP / CINDY VOITUS / HANS LUCAS

Décidément la musique obéit à la loi des cycles… 

Dominique Fils-Aimé est-elle une fille de Billie Holiday, une soeur d’Aretha Franklin, une nièce de Nina Simone ?

Quoi qu’il en soit, Sœur Dominique continue le combat de ses glorieuses références, car la révolution des grandes sœurs est encore loin …

La voix de la chanteuse est cash, sans artifice, et du coup ça nous débranche des spéculations quand au nombre des influences que l’on est capable de déceler à l’écoute d’une chanteuse qui s’attaque à un genre noble en l’occurrence, la soul. Par noble, j’entends les musiques qui ont un potentiel de durée au-delà de la nostalgie qu’elles suscitent, à savoir, des musiques savantes qui nécessitent des références, une initiation, la transmission d’un savoir, et aussi de l’audace pour prétendre créer à partir d’un terreau ancien une œuvre d’aujourd’hui.

Dominique Fils Aimé rend hommage aux anonymes du mouvement des droits civiques mais aussi aux figures emblématiques de l’époque, parmi lesquelles il faut citer Rosa Parks, qui en restant assise dans un bus, permit au peuple noir de se lever, ou encore Harriet Tubman, née en 1820, qu’on surnomma la Moise noire, esclave évadée qui au cours de 13 expéditions libéra plus d’une centaine d’esclaves sans jamais se faire capturer ni en perdre aucun.

Si la pochette de Stay Tuned est d’un beau rouge sombre, c’est au rouge brûlant du jazz qu’elle fait référence. 

Pourquoi évoquer Régis Debray à l’écoute de Dominique Fils Aimé ? 

Parce que Stay Tuned, est un rappel à la révolution. Et Régis Debray nous fait remarquer que dans révolution, il y a révolu, mais aussi rêve. 

Aujourd’hui, le rêve est plus que d’actualité, à l’heure où les communautés se replient les unes sur les autres, où les haines sont attisées par de dangereux inconscients. Pourtant, à l’approche des fêtes j’ai envie d’envoyer à nos concitoyens du positif, comme cette étude de l’Institut national d’études démographiques, qui dit qu’en France, 70 % des enfants d’immigrés se marient avec des français de souche, quant aux Etats Unis, pour ce concerne les populations afro américaines, on en est à 2%. 

Oui notre modèle républicain a du bon et il n’est pas encore moribond, n’en déplaise aux esprits chafouins…

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