Ce matin vous nous présentez le dernier album de Goran Bregovic…

Goran Bregovic
Goran Bregovic © AFP / Arif Hudaverdi Yaman / ANADOLU AGENCY

Extrait Muslim letter 

L'epk, l'electronic press kit, le film de présentation du dernier album de Goran Bregovic, 3 letters from Sarajevo, commence avec en fond sonore un muezzin qui chante la louange à Dieu, sur une envolée de cloches.  

Goran Bregovic explique : 

Ce qu'on entend, c'est midi à Sarajevo, ce sont des mosquées, des églises, des cathédrales, c'est un des rares endroits dans le monde où l'on peut entendre tout ça résonner dans un magnifique ensemble, ce serait trop dommage que ça s'arrête un jour.  

A ce moment apparaît sur l'écran : Sarajevo , 1991, un an avant le siège. Le film se poursuit. Un paysage de verdure, maintenant, apaisant. Un violon déchirant, et toujours la voix de Goran :

Je suis de Sarajevo, ce n'est plus seulement le nom d'une ville, c'est une métaphore de notre époque qui signifie que nous pouvons être de bons voisins un jour et nous entretuer le lendemain.

Extrait d'SOS   

Je cherchais une métaphore qui puisse faire de la musique, nous dit Goran Bregovic. J'ai pensé au violon : On en joue de trois manières : Classique, comme les chrétiens, Klezmer comme les juifs, et oriental, comme les musulmans. Le blues slave des byzantins, le gypsy turc des bosniaques, le classique des vénitiens croates, ces trois peuples n'ont pas attendu la chute du mur de Berlin pour se déchirer. 

Mille ans plus tôt, dans une autre ville, Moshtar, la chronique des Croisades indique la même partition en 3 quartiers et la  guerre, déjà.  Il est des frontières qui sont comme des plaques telluriques, soumises à des tremblements dévastateurs.  

Extrait de Christian Letter 

Est ce que la musique peut rapprocher ce qui est désuni ?  Oui répond Goran, au devoir de mémoire qui porte en lui le corollaire affreux de la transmission de la haine, il veut opposer le devoir de réconciliation. Pour cette fête balkanique, il a rassemblé la chanteuse Bebe d'Espagne, la chanteuse Riff Cohen de Tell Aviv, et puis Asaf Avidan, et Rachid Taha... 

Rachid taha m'a amené sa folie arabe

Dit il , pour autant qu'il y ait une folie arabe qui soit différente des autres folies. Il donne tellement qu'on se dit qu'il ne pourra pas tenir jusqu'au refrain, qu'il va mourir au deuxième couplet. Passer de l'histoire aux sentiments, des sentiments à la joie, de la tristesse à la danse. C'est la réponse de Goran Bregovic : une musique un peu folle comme la seule réponse sage à la fièvre meurtrière qui secoua Sarajevo.  

Extrait Baila Leila  

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