Ce matin, paillettes et glamour servies par un Bryan Ferry au sommet avec son dernier album jazzy très réussi : bitter-sweet, doux-amer...

Le dandy des dandy, fait son coming out...

Oui Bryan Ferry, le leader de Roxy Music, inventeur du glam rock, est un fan de Duke Ellington, de Kurt Weill, de Louis Armstrong.
Les British ont toujours inventé. Le rock anglais est plus sophistiqué que le rock américain, écoutez les Beatles qui ont mélangé aux trois accords de base les harmonies des troubadours, écoutez les Rolling Stones qui ont mâtiné le rock avec la soul bien grasse du bayou de Muddy Waters.

Les Anglais inventent parce que souvent ils sont incapables d'imiter un style à la perfection, alors ils s'en inspirent librement et le mêlent à d'autres influences, vérifiant la formule magique, mieux vaut ne pas trop s'approcher de ses idoles de peur d'être mangé par elles.

Mais pour un anglais, le jazz n'a pas grand intérêt. Ils nous demandent souvent, mais qu'est ce que vous avez, vous, les Français, avec le jazz ? A peine deux clubs à Londres, qui porte décidément bien mal son surnom de swinging London, quand Paris en compte plus d'une trentaine. C'est qu'il est plus difficile d'enrichir une musique sophistiquée par nature.

Là où Trenet, Aznavour ont mêlé le swing à de merveilleux textes, les British préféraient jouer avec le rock pour en extraire la quintessence psychédélique et ainsi donner naissance à la pop la plus flamboyante du monde, aussi bien musicalement que visuellement.
 

D'où vient l'hégémonie de la pop culture anglaise ? 

Des travaillistes de l'après-guerre...

Les bombardements de la Deuxième Guerre mondiale éloignèrent beaucoup d'enfants des écoles. Aussi dans les années 1950, chaque ville de plus de 5 000 habitants se devait d'avoir une art school pour y accueillir les élèves réfractaires. On y apprenait la photo, la peinture, le cinéma, la musique. En sont sortis, quelques illustres cancres, les Beatles, Les Stones, Bowie, les Who, avec cette idée que les arts plastiques devaient toujours être mêlés à la musique.

Si le rock et la pop étaient la musique des prolos, les aristos écoutaient du jazz : Charlie Watts le batteur des Stones, Bowie à ses débuts et à sa fin, et Bryan Ferry. L'avantage du jazz, c'est qu'on peut le chanter jusqu'à sa mort, voire Ella Fitzgerald, Sinatra.

Bryan Ferry porte beau sa vieillesse approchante, avec une voix plus douce encore que d'habitude, produite à merveille, à la suavité jamais mièvre. Décidément, ce garçon me fait transpirer la moustache, ayé, moi aussi j'ai fait mon coming out.

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Bryan Ferry, auteur-compositeur-interprète britannique, en concert le 18 avril 2014 lors du festival Coachella (Indio, Californie, USA° © AFP / KEVIN WINTER / GETTY IMAGES NORTH AMERICA
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