La chanteuse et musicienne argentine Natalia Doco, exilée à Paris, publie un nouvel album intitulé 'El Buen Gualicho'. André Manoukian le met à l'affiche de son 'Manouk & Co' ce mercredi.

Un territoire produit une musique. Ainsi le bois du Mexique, dur comme de la pierre, résonne comme un cristal lorsqu'on le sonne, et donne le marimba, l'instrument national, sorte de xylophone avec un son plus large et plus profond. Le Mexique, que Natalia Doco arpenta jadis avec sa guitare, jouant dans les bars (cinq ans à parcourir les routes), était son refuge. Elle fuyait son Argentine natale parce qu'elle avait déserté le plateau d'une émission de télé-réalité et pris la tangente la veille de la finale devant des millions d'Argentin·e·s resté·e·s sur leur faim. Qu'il est beau, le romantisme absolu d'une mariée qui se carapate avec sa robe, juste devant l'autel, en laissant l'assistance et le mari médusés.

Mais, vouloir maîtriser son destin, cela a un prix. Elle finit par trouver refuge à Paris ; l'amour parle encore. Et, aujourd'hui qu'elle a payé l'addition, elle nous offre une tournée générale et son deuxième album.

L'Argentine est l'un des territoires musicaux les plus surprenants. Vous pouvez y croiser un Indien jouant de la guitare classique espagnole avec la technique des Jésuites du dix-septième siècle, et chantant en guarani, accompagné d'un bandonéoniste ukrainien et d'une tumba africaine. Toutes ces influences sont parfaitement mêlées, c'est ce qui donne son âme à la folk de Natalia Doco. La belle connaît les sortilèges, elle convoque les chamanes et les esprits des forêts de la Cordillère des Andes.

Le chant est un acte sacré dans toutes les sociétés traditionnelles. Le sorcier est l'intercesseur entre les esprits et les hommes. Il demande la clémence, les bienfaits ; il veille à la circulation harmonieuse entre les hommes et les énergies de la nature.

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