Ce grand pianiste qui ravive son jazz avec la musique antillaise de ses origines...

Mario Canonge, pianniste spécialisé dans la musique antillaise et caribéenne, le jazz et le zouk
Mario Canonge, pianniste spécialisé dans la musique antillaise et caribéenne, le jazz et le zouk © Maxppp / Elise Fitte-Duval

Zouk, mais d’où vient ce mot ? Mélange de souk et de zik ? Sûrement une connotation sexuelle encore, comme tant de termes associés à la musique, dont jazz, jive, ou swing.

Le zouk désigne en tout cas un lieu, avant de désigner une musique, c’est un peu le pendant guadeloupéen de ce qu’on nommait dans le Mississipi des juke-joints, des cabanes qui faisaient office de bars clandestins organisés autour de scènes improvisées investies spontanément par des musiciens qui faisaient la fête toute la nuit.

La musique antillaise est d’une richesse sans nom. Toutes les danses des colons passées à la moulinette africaine ont produit des fusions réussies avec effusions garanties.

La biguine vient de la polka, la valse créole et le mazurka conservent le caractère des danses originales mais avec des syncopes, le gwoka, un rythme typique antillais, vient du nom créolisé de gros quart, nom des tonneaux de viandes salées qui marquait leur contenance, utilisés par les esclaves pour remplacer leurs tambours interdits par le code noir.

Le quadrille à commandements, embrassez vos cavalières, la cadence, toutes les danses européennes africanisées par les esclaves ont été ravivées. Ces vieilles danses qui mouraient dans nos salons sont redevenues populaires et sont aujourd’hui emblématiques des Antilles. EIles ne cessent d’évoluer, depuis le XVIIe siècle, puisque la dernière d’entre elles, le zouk, voit le jour dans les années 1980.

Le pianiste martiniquais Mario Canonge est sans doute l’un des plus grands représentants de la musique caribéenne. Venu s’installer à Paris dès 1979, il est le cofondateur du groupe Ultramarine, il a joué avec Dee Dee Bridgewater, Nicole Croisille, Kassav, Malavoi, Jonasz, Voulzy, Richard Bona, Manu Dibango... 

Puis il opère un virage jazz et c’est en renouant avec ses racines qu’il va affiner son style, vérifiant l’adage, si tu sais d’où tu viens, tu sais où tu vas. Zouk Out, c’est le reflet d’un jazz introspectif rendant hommage aux origines du zouk, « à mon peuple », nous dit-il. « C’est l’expression de ce que je suis, un jazzman proche de ses racines. »

► Il sera en concert au New Morning le 26 janvier.

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