Ce matin, un nouvel album de Mathias Duplessy, compositeur de bandes son idéales pour qui veut prendre le large : Brothers of string.

Nos villes sont emplies de gens qui se croisent et ne s’entendent plus, parce qu’ils ont des écouteurs vissés dans les oreilles…

Allez savoir ce qu’ils écoutent. On se prend à rêver d’un monde où toutes les oreillettes seraient synchro pour diffuser la musique de Mathias Duplessy & the violons of the world, et alors, isolé des pollutions sonores, on glisserait dans un western idéal, ou plutôt dans un eastern, puisque c’est vers les grands espaces de la Mongolie que l’artiste nous emmène. D’ailleurs une question mérite d’être posée Mathieu, pourquoi les hommes, et les arbres aussi, c’est prouvé, se déplacent toujours vers l’Ouest ?  Est-ce pour suivre la course du soleil, est-ce qu’on a envie d’aller chercher la lumière le plus longtemps possible, est-ce aussi pour cette raison que les celtes enterrent leurs morts là où le soleil se couche ?..  C’est un voyage à rebours qu’a entrepris depuis longtemps Mathias Duplessy, un voyage qui commence chaque matin les yeux rivés vers le levant, vers l’horizon qui s’éclaire au fur et à mesure qu’il avance au grand galop de ces petits chevaux mongols qui ont conquis le monde.

Mathias Duplessis est un démiurge, qui mêle sa guitare folk au violon chinois du maître Gao Gan dont les inflexions se rapprochent de la voix humaine, au ehru, la vielle mongole à tête de cheval, joué par Epi, enfin, joué par Aliocha, une vielle à archet qui s'appelle le nickelharpa, d'origine suédoise, avec des cordes sympathiques qui entrent en résonance et produisent un son d'une richesse inouie..

Qu’y a-t-il de commun entre la musique d’un cow boy qui bivouaque dans les Appalaches et celle d’un guerrier Toungouse qui campe au bord du fleuve Amour ?

L’espace ! L’espace infini, le vertige horizontal, la liberté des lignes de fuite qui appellent au mouvement perpétuel.

La géographie est la première muse, c’est elle qui forge les sons et les phrases. Les montagnes créent l’écho qui module la voix du berger sarde ou le sifflet du gomero dans les Canaries.

À priori un monde sépare les cow boys des mongols, et pourtant leurs musiques sont forgées par le même environnement et font résonner le gigantesque. Et la nuit venue, le cercle autour du feu délimite l’espace sacré qui tient les bêtes et les esprits éloignés, et alors on chante pour se réconforter. Mathias Duplessy tracera son cercle chaman le 27 FEVRIER 2020 au Café de la Danse à Paris..

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