Ce matin, vous nous présentez un live inédit enregistré à Londres du mythique groupe de jazz suédois : E.S.T..

Extrait Spunky sprawl 

E.S.T, n’est plus.  E.S.T, acronyme d’Esbjorn Svenson Trio, le pianiste dont l’ascension fulgurante s’est achevée en pleine gloire, il y a 10 ans, à cause d’un stupide accident de plongée, qui mit fin à sa vie et à une expérience unique : La rencontre, entre une musique savante et une audience populaire.

Car le Jazz était devenu une musique d’initiés pour un public d’initiés. 

Alors qu’à sa création, cette musique de libération permettait de retrouver la joie perdue d’improviser, et de danser, peu à peu les ballrooms furent désertés par une jeunesse qui découvrait le rock n roll. Et le jazz se réfugia dans des caves remplies d’intellos qui fumaient la pipe, portaient des cols roulés et regardaient la pluie tomber au ralenti sur des feuilles de marronniers dans des films coréens...
Bon je fais des blagues, mais c’est tout ça qu’a dynamoté E.S.T.

Extrait Mingle in the mincing-machine 

Un jour Esbjörn parle avec son contrebassiste. Pourquoi on ne sortirait pas le jazz des caves, qu’est ce qui nous empêche de jouer dans des stades ?

Le défi est relevé, après tout les Suédois innovent, ils sont devenus depuis Britney Spears les maitres de la pop, les gars d’EST seront les maitres du jazz.

Le contrebassiste sature ses cordes avec une pédale de guitare, le batteur joue des boucles lancinantes de 2 mesures, à la manière d’un programmateur électro, et enfin le pianiste place 10 micros sur son piano, chacun attribué à en effet ou à des compresseurs.. 

Extrait When God created the coffeebreak 

Et l’effet voulu est atteint : un trio jazz avec un son énorme ..

Oui Nicolas, la puissance de feu d’un destroyer et la finesse d’un pianiste qui intègre dans son jeu Chick Coréa, Keith Jarett et Jean Sébastien Bach, c’est la recette miracle du trio d’Esbjorn Svenson, EST..

En peu de temps, le pari est tenu, adieu les clubs, désormais ils remplissent des stades, et ce dans toute l'Europe ET les Etats Unis.

Sans rien renier à la qualité  de leur musique, EST résout la quadrature du cercle en rassemblant les jazz fans avec un large public venu d’ailleurs.
L’enregistrement inédit de ce concert à Londres vient marquer la triste disparition d’Esbjorn Svenson mais nous permet de redécouvrir, ou de découvrir pour les chanceux, ce formidable trio. A la question, pourquoi l’être plutôt que le non être, la réponse définitive est E.S.T..

Extrait Believe, beleft below 

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