Ce matin une voix qui envoûte, une voix portée par une artiste qui a échappé à tous les clichés pour tracer un chemin original : c’est Vagabon…

On a tous une voix, mais c’est la nature qui la colore, qui l’orne, qui lui offre une texture, et plus cette texture est granuleuse, et plus la voix nous fait vibrer, comme le collophane sur le crin de l’archet fait vibrer la corde du violoniste. Sans collophane, pas de micro aspérités, pas de vibration, pas de son.

Quand on écoute la voix de Vagabon, on est saisi immédiatement par le grain et la douceur. Une douce aspérité en somme, apaisante, envoyée direct, sans far, sans vibrato, sans enjolivement baroque, avec une innocence qui confine à la pureté..

On la prend en pleine face, et dans le ventre aussi.

Le ventre, réceptacle naturel de toutes les vibrations, cerveau premier, puisque dans nos formes de vie primitives, nous n’étions qu’un tube digestif, plein de bactéries qui nous ont guidé vers nos devenirs d’hommes..

Loin des musiques factices des spas, de la frauduleuse relaxation d’un exotisme de pacotille, Vagabon nous emmène vers une vraie méditation. Elle a ouvert un nouveau chemin, tranquille, intérieur, un chemin qui interroge nos neurones comme toutes les propositions nouvelles, un chemin qui nous laisse perplexe et admiratif, un chemin qu’elle a aplani seule, aidée de son parcours atypique.

André, en quoi la démarche de Vagabon est-elle originale ?

En ceci Nicolas, qu’elle nous met les poils au garde à vous, nous excite la pilosité, nous dilate les pores de la moustache, sans passer par les codes du Gospel ni de la Soul. Et soudain, comme dans une bande son d’un film de Terence Malik, on retrouve l’innocence perdue de l’humanité à l’aide du chant pur non d’une chorale d’enfants du Pacifique, mais de Vagabon. D’origine camerounaise, cette jeune africaine élevée à New York a choisi sa couleur : une musique mélodique, électronique, bidouillée par ses soins sur son lap top pendant la tournée de son premier album. Car c’est son deuxième opus qu’elle nous présente aujourd’hui, un chef d’œuvre, ce fameux deuxième disque tant attendu. Et bien l’épreuve de vérité, elle l’a remportée brillamment..

► Pour les Parisiens chanceux, elle sera en concert au Hasard ludique le 24 octobre…

  • Légende du visuel principal: Laetitia Tamko de Vagabon © Getty / Tim Mosenfelder
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