Pour la dernière de la saison, une des plus belles voix du jazz français, Sarah Lancman, qui nous présente son dernier album intitulé : Parisienne…

Extrait Parce que 

Quelles sont les forces qui agissent quand on se fait embarquer par une voix ?  Qu’est ce qui fait que soudain, on bascule, on ne s’appartient plus ? Il faudrait au moins un philosophe pour répondre à cette question, hors très peu ont écrit sur la musique. Platon se méfiait de son charme corrupteur, à l’inverse Nietzsche, s’il ne concevait pas une vie sans elle, a très peu écrit à son sujet. 

C’est Jankélévitch qui en parle le mieux, dans La musique et l’ineffable, que je conseille à tous nos auditeurs, Nicolas.  

C’est Janké, et sa voix de shadock aux intonations et à l’amplitude incroyables, qui explique que les phénomènes physiques provoqués par l’émotion musicale - chez moi, c’est la transpiration de la moustache assurée- et ben c’est normal. Ça s’appelle l’envoûtement.

Chaque musicien digne de ce nom, par ses coups d’archets ou l’éclat de sa voix, doit déposséder l’auditeur de ses capacités de jugement afin qu’il ne soit plus qu’un tuyau vibrant, un corps émotionnel, une moustache suante. Mission accomplie pour Sarah Lancman.

Extrait I love you more than i can sing 

Sarah Lancman a un cursus exemplaire : Piano classique à 7 ans, Jazz à 15, premier prix de jazz vocal à Montreux remis par Quincy Jones. Bilingue, elle maitrise parfaitement Excel… Je déconne Nicolas, cette bio pour dire que le jazz est désormais la prolongation naturelle de la musique classique, qui après l’impasse dodécaphonique, est revenue à la tonalité grâce aux afro-américains, parce qu’au fond, une musique sans mélodie c’est comme une piste sans danseurs… 

Extrait Tokyo Song 

Au charme de la voix de Sarah Lancman, il faut ajouter des musiciens exceptionnels, André ?

Oui Nicolas, ces gars manient le point de crochet avec la dextérité des dentellières de Lunéville, les fameuses qui confectionnèrent le trousseau du Roi George VI d’Angleterre. 

Giovanni Mirabassi, le pianiste qui a ramassé la flèche de Bill Evans pour la lancer plus loin dans la même direction, Laurent Vernerey dont la contrebasse ronde parsème le chemin harmonique de dalles moussues, Stéphane Huchard, dont le détaché de cymbales vous renvoie à des méditations sur l’apesanteur, et les copains visiteurs, Pierrick Pedron au sax et le lyrique Marc Berthoumieux à l’accordéon.

La Princesse Sarah n’a plus qu’à poser son velours de voix, ses mélismes, son phrasé, sa douceur, sa tristesse heureuse pour nous envelopper. L’album, hommage à la ville préférée des jazzmen du monde entier s’appelle : Parisienne.

Extrait L’hymne à l’amour 

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