Pour la dernière de la saison, une musique de fête et de mélanges plongée dans le style "afrobeat". Avec un groupe qui joue depuis 20 ans et qui compte plus de mille concerts à son actif : "Antibalas".

Le jazz c’est beaucoup d’accords tout en même temps

Vous connaissez la différence entre un guitariste de jazz et un guitariste de rock ?

Le guitariste de jazz connaît 3 000 accords et joue devant trois personnes, le guitariste de rock, lui connaît trois accords et joue devant 3000 personnes. Cette blague montre que le jazz est devenu une musique savante où les virtuoses sont tenus pour des geeks restés longtemps dans leur chambre à étudier toutes les combinaisons de parcours possibles, au milieu de gammes qui changent d’armure toutes les demies mesures.

Eh bien, la même chose est arrivée au jazz, qui gagna le monde de la musique classique. Revue par l’Afrique, il explose et renoue avec la fête, en regagnant au passage la transe et la mystique perdues.

À l’origine de l’afrobeat, on trouve la hilife, née après la Seconde guerre mondiale. Le jazz des big band des soldats américains, cantonnés en Afrique, fascine les musiciens Africains qui s’en emparent à nouveau, renouant avec la pulse afro qui n’était plus que sous entendue. Par exemple, Ts ket si tse ke dsi redevient Ta ke ta ka ta ka poum ka, qui était à l’origine du ts ket si.

Ce qui était caché derrière repasse devant.

Le swing, né aux Etats-Unis de la rencontre des rythmes irlandais shuffle et de la pulsion africaine, revient au pays pour s’africaniser à nouveau, reprendre l’énergie de l’origine, et renouer avec la transe que provoque la scansion d’un seul accord..

L’afrobeat ou le jazz qui revient à la maison ? 

Le jazz revient à son berceau africain, mais en ramenant la puissance électrique pour servir la magie vaudou, la mitraille des cuivres pour faire chanter les esprits, et surtout une rythmique funky lancinante qui dure des heures sous le prêche d’un chanteur griot imprécateur dénonçant le pillage de l’Afrique et la corruption de ses élites. L’afrobeat est politique.

Son grand chantre fut Fela Kuti qui déclarait : 

La musique est l’arme du futur

Nos héros du jour, Antibalas, littéralement anti-balles, sont Américains et répandent la bonne parole depuis 20 ans dans le monde avec pas moins de mille concerts.

On pourra les voir cet été, le 16 juillet au festival de Surgeres ; le 27 juillet aux arènes de Vic Faizansac ; le 29 juillet au Cosmojazz de Chamonix.

  • Légende du visuel principal: Amayo d’Antibalas sur scène lors du Meadows Music And Arts Festival à New York, septembre 2017. © AFP / ROY ROCHLIN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
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