Pour cette dernière chronique de la saison, comme pour se préparer à la langueur estivale, on est zen, même super zen, avec ce groupe californien, The Saxophones...

Extrait Time is like a River 

Un Franck Sinatra mystique, un Leonard Cohen joyeux, un Woodkid  sans orchestre symphonique, un Johnny Cash dont la moitié jouerait des perçus. Jamais voix ne fut si grave et juvénile en même temps. Alexi Erenkov, chanteur et leader du groupe The Saoxophones, chante comme un enfant qui vous fixerait droit dans les yeux, sans ciller, sans jugement, les yeux grands ouverts,  prêts à boire l'humeur du monde, comme un Huron avant la corruption de la civilisation, comme un innocent sans affect, comme un être pur déposant sa puissance au pied de l'être aimé. 

L'être aimé c'est sa femme, sortie d'un indi movie des années 60, qui tient les percussions, et avec laquelle il voulait partager son épiphanie musicale : "J'aurais été dévasté de devoir tourner sans elle pendant des semaines", dit-il. Wahoo, un musicien qui fait une telle déclaration d'amour à sa femme, ça n'existe que dans les légendes celtes...

Extrait Singing Desperately

L'exotica, ce courant musical des années 60, désuet, sucré, naif, kitsch, coloré, est une pacotille somptueuse, une soupe de fruits dans laquelle les ravers fatigués des années 90 venaient puiser l'énergie du petit matin avant d'aller dormir.

C'est dans ce bazar vintage et dans le bestiaire de David Lynch que The Saxophones trouve son inspiration.

Alexi le leader, était en train de tâtonner chez lui, quand soudain, il entendit la télé dans la salon d'à côté.  Sa femme Alison regardait Twin Peaks, et soudain il entend la chanson, Just You, écrite par David Lynch et Angelo Badalamenti. "C'est comme ça que je veux que notre groupe sonne".. Il a la révélation.

Le minimalisme mystique plus sa voix d'ange grave hypersexué vont faire le reste...

Extrait Mysteries revealed 

André, que dit la scène musicale de San Francisco aujourd'hui ?

Plus grand chose Nicolas, Maxime Leforestier a beau y avoir repeint sa maison bleue, San Francisco n'est plus le havre des musiciens qu'elle fut dans les années 60 et 70.. Et si la librairie Ferlinguetti, des Kerouac, Allan Ginsberg et autres fondateurs de la beat generation existe toujours, les artistes ont été chassés depuis longtemps par les néo mormons start-uper jansénistes de la Silicon Valley.

Les musiciens ont quitté cette ville ou un trois pièces à la location coute la modique somme de 8 000 dollars par mois pour s'installer en face de la baie, à Auckland, ou plus au nord à Portland, ou plus au sud à Los Angeles.
The Saxophones se sont réfugiés dans un bateau, sur la baie, et dans un gite, au nord de la côté californienne, où ils ont composé les dix perles de leur album.

Ils sont distribués en France par l'excellent label Pias, acronyme de Play it again Sam. Pour sur, Sam, play me the saxophones, more and more !!

Extrait Alone again 

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