Ce matin de la douceur et du strass, avec le duo français, Duñe x Crayon, qui ont réinventé le son de la côte ouest des Etats-unis du temps de sa splendeur musicale

Duñe x Crayon
Duñe x Crayon © Alexandre Faraci

Extrait Slowdiving 

Ils s’appellent Michael Francks, Bill Labounty, Darryl Hall et John Oates. Ces chanteurs américains des années 80 ont inventé une soul californienne, basée sur des rythmiques lancinantes, avec des accords savants et jazzy, des effets de flange qui vous enveloppaient  le cerveau dans la ouate. Par la grâce du walkman, ça vous téléportait  direct des quais de Chatelet les Halles au ponton de Venice Beach. Ce son était né d’une équipe de musiciens remarquables, les frères Porcaro à la basse et à la batterie, Steve Lukhater guitariste roi de la cocotte, qui séquençait des aller retours sur une corde étouffée en laissant jaillir des éclats de son, Greg Philinganes, empereur du piano électrique, adaptant son gospel à la douceur californienne, tous ces musiciens qu’on retrouve chez Quincy Jones et Mickael Jackson. 

Les chanteurs eux,  étaient des murmureurs, le mot français n’existe pas, en anglais on dit crooner,  to croon, murmurer, ces chanteurs étaient aussi des aimeurs, en anglais on dit lovers. Jean-Louis Dabadie aurait surement voté pour, j’ai décidé de qualifier notre duo Dune et Crayon, de murmureurs aimeurs, parce qu’ils ont repris le flambeau d’une douceur de vie californienne au temps où la silicone n’avait pas infecté les poitrines et les vallées. 

Extrait Invisible 

Aurélie Saada du groupe Brigitte prêtait sa voix. Merci, on a tellement besoin d’amour en ce moment. Alors pourquoi évoquer les    prédécesseurs californiens. Parce que la musique aime les filiations, et que souvent de manière inconsciente, on s’imprègne de moods, d’humeurs en français. Les influences sont multiples, le Rnb, le hip hop, mais un seul mot pour définir Dune et Crayon, ils ont réinventé la west coast du côté de Réaumur Sébastopol.

Extrait Your fruit 

Rassemblés autour du label Roche-Musique, Dune et Crayon se sont fait leur éducation musicale sur la scène électro. En effet la scène électro a des vertus pédagogiques : par la grâce des vinyles que samplaient les dj depuis les années 90, on a exhumé des musiques anciennes,  tout le prestigieux catalogue Blue note des années 60, la easy listening, et tout un courant qu’on qualifiait de kitsch est devenu hype. Plus besoin comme au 19ème siècle de conservatoire pour redécouvrir un patrimoine, la technologie fait le job, et le temps désormais, comme le dirait mon philosophe préféré, Gilles Deleuze, est aboli, ou circulaire, en tout cas, pour aller de l’avant, on passe par le passé. Retour vers le futur, donc, mais en limousine s’il vous plait, avec Duñe x Crayon !...

Extrait The One
 

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