Coup de projecteur sur Matthieu Boré, qui établit ses quartiers dans le "french quarter" de la Nouvelle-Orléans…

Capture d'écran de la vidéo "Matthieu Boré presents Gumbo Kings"
Capture d'écran de la vidéo "Matthieu Boré presents Gumbo Kings" © BONSAIMUSIC

Il en est de la musique comme il en est de la politique, ou plutôt il en est de la politique comme il en est de la musique : quand le train va trop vite, il faut faire une pause. Quand le progrès mène à la catastrophe, on regarde du côté de la sagesse des anciens, on se questionne sur ses racines, ses valeurs…  

Il est une ville immortelle qui est une source d’inspiration sans fin, pour tous les musiciens du monde, une ville qui vous recharge le mojo en moins de deux, une vieille dame de trois cent ans qui reste une source de jouvence inégalée, une ville qui est au carrefour de toutes les cultures, la capitale des Caraïbes qui a su préserver son butin de pirates pour le partager avec les affamés de good vibes du monde entier, cette ville c’est la Nouvelle-Orléans, et c’est la ville que s’est choisi Matthieu Boré pour se faire son destin de musicien…

C’est ça, la modernité se fiche du sens courant, et pouvoir le remonter à sa guis en flânant du museau jusqu’à trouver un havre où installer son campement pour une nuit ou pour la vie… Matthieu Boré puise dans l’encre des anciens pour écrire son histoire, celle d’un musicien qui après avoir tâté du rock puis du trip hop, se révéla être en fait un crooner, et dès 2001 s’attela à cette tâche, recomposer des titres dans la lignée de ses idoles…

Et quand elles s’appellent Professor Longhair, Docteur John, Allen Toussaint ou The Meters ses idoles, vaut mieux avoir les bons gris, gris pour ne pas se faire manger tout cru…

Quand Matthieu Boré choisit, ou plutôt fut choisi, par la Nouvelle-Orléans, il découvrit que le premier maire de la capitale il y a 300 ans s’appelait Boré, comme lui, Etienne de son prénom. Pas besoin de voir des signes partout pour se dire qu’on a enfin trouvé sa tribu.

Aujourd’hui, débarrassé du temps et de l’espace par la grâce d’internet, on peut revenir dans le temps, choisir sa tribu et re-dessiner un parcours musical original inspiré des anciens.

Entouré d’une rythmique américaine bien roots, Matthieu Boré nous délivre un vibrant playdoyer pour le gumbo, ce plat inspiré de la bouillabaisse française, de la cuisine ouest africaine, de la cuisine des Chaktaw, des Caraïbes, des Espagnols et des Allemands. Et quel gout ça a ? Bien épicé, ça vous réveille un mort.

Si vous voulez goûter, Matthieu Boré sera les 5 et 6 avril à Paris, au Sunset, cet excellent club de jazz… 

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