Aujourd'hui, on parle d'un chanteur anglais, Benjamin Clementine, que la France, une fois n'est pas coutume, a découvert et révélé...

Extrait de "Jupiter"

Être habité par son art à tel point que le reste du monde n'existe plus, croire à son étoile à tel point qu'à 16 ans il quitte sa famille, puis Londres pour Paris, la ville d'Erick Satie, qu'enfant, il écoutait en boucle, Satie ce pianiste un peu cinglé, qui écrivait des morceaux en forme de poire..

Lui aussi, il a une coiffure en forme de poire à l'envers, Benjamin Clementine, entre Eraserhead et Edouard aux mains d'argent.

A Paris, il se réfugie dans le métro, qui va devenir sa première scène et lui amener son premier public.

Et un son aussi, le métro, avec ses couloirs carrelés offre une des plus belle réverbes du monde après celle de la chapelle sixtine..

Extrait de "By the ports of Europe"

L'histoire aurait pu mal tourner Pour Benjamin Clementine. Ses mains vont le sauver, le piano familial délaissé par son grand frère. Et sa voix, il l'assume quand il entend Anthony and the Johnsons, cette voix de gorge, féminine et grave, sortant d'un corps d'homme. On touche la le miracle des voix androgynes, ah ce débat sur le sexe des Anges pendant que Constantinople tombait. Et pourtant elle est grave la voix de Benjamin Clementine, mais elle a quelque chose de féminin, au sens Youngien du terme : L'anima : c'est le corps émotionnel, la créativité, la rencontre avec le monde sensibile.

Extrait de "Quitessence"

Vous qui goûtez les voix André, qu'est ce qu'elle a de particulier celle de Benjamin Clementine ?

Sa vibration est rare. Ce ne sont pas seulement ses cordes vocales qui vibrent, c'est son immense corps, avec lequel il joue, à distendre le temps. Et puis son style, ce sont des lieders d'un autre siècle qu'il nous compose parfois, il y a du Kurt Weil en lui, mais avec une batterie rageuse qui vient hacher le tempo. Si son Angleterre natale l'a enfin reconnu, il dit d'elle :

mon Angleterre est semblable à une jungle comme Calais

Remercions Benjamin Clementine d'avoir permis à Paris de garder son statut de découvreuse et d'éternelle capitale des arts, elle seule et son ventre de métro, a reconnu, abrité et révélé ce garçon à la voix singulière et envoûtante.

Extrait "Ave Dreamer"

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