Ce matin, le groupe Santrofi du Ghana, qui ramène la magie perdue dans ce pays qui était en termes de musique un des endroits les plus riches du monde.

Le groupe de musique ghanéen Santrofi pendant le festival de musique danois Roskilde Festival 2019
Le groupe de musique ghanéen Santrofi pendant le festival de musique danois Roskilde Festival 2019 © Maxppp / Gonzales Photo / Christian Hjorth / PHOTOSHOT

C’est l’histoire d’une boucle. La musique africaine porte en elle avec suffisamment de clarté les ingrédients qui la composent, parce qu’elle est assez récente somme toute, et qu’on y entend la confrontation avec le monde occidental, dans ce qu’il y a de pire, l’esclavage et la colonisation, et dans ce qu’il y a de meilleur, l’harmonie musicale. 

Au fond, la musique est l’histoire heureuse des hommes.

Elle raconte leurs parcours, donne à écouter les influences de chaque territoire traversé.  Un musicien est un nomade par définition et par nécessité. Il doit chercher le public là où il est. Il se déplace sans cesse pour se faire découvrir par de nouvelles oreilles qui vont le porter et lui donner l’impression de se renouveler - même quand il joue le même répertoire. Lors d’un voyage, s’il entend une mélodie nouvelle, une harmonie inédite, par mimétisme, il va aussitôt la jouer, pour l’éprouver, et l’assimiler, au nom de cette loi biologique qui dit qu’une musique reste vivante tant qu’elle incorpore de nouveaux éléments.

Une part du génie de Mozart tient au fait qu’à l’âge de 7 ans, il voyage avec son père qui l’exhibe dans toutes les cours européennes. Il va revenir enrichi de la rigueur française, de la musicalité anglaise, de la légèreté italienne, et de la construction germanique. De même,

la musique africaine a voyagé, d’Afrique vers l’Amérique avec la traite esclavagiste à partir du XVIIe siècle, puis elle est revenue  au pays au début du 20ème siècle, et c’est ainsi qu’est née la rumba congolaise, rencontre de Cuba et de Brazzaville, ou de Harlem et Lagos pour le High Life, ou de  Brooklyn et Kinshasa pour l’afro beat..

Santrofi c’est huit jeunes musiciens d’exception qui viennent du Ghana et qui perpétuent le High life de Fela Kuti.  Le jeu traditionnel de la kora, cette harpe africaine qui permet une cascade de notes grâce à son double jeu de cordes, repris à la guitare électrique, donne ces arpèges typiques du son de la guitare zaïroise. Les congas, soutenus par une batterie, la basse lancinante qui tourne, les riffs de cuivre saccadés qui découpent l’espace, et les call and response, injonctions du chanteur auxquelles répond le groupe ou la foule, oh la jolie transe collective qui vous embarque quand vous avez le bonheur d’assister à un concert live du groupe Santrofi.

L’été dernier, ils ont enflammé toutes les scènes sur lesquelles ils se sont produit, et cet été, ils étaient programmé dans tous les festivals d’Europe.

Alors en attendant l’été prochain, poussez les meubles et dansez sur le premier album de Santrofi qui s’appelle Alewa. 

Santrofi, c’est un oiseau rare qui a 4 ailes, malheur à celui qui le capture, bonheur à celui qui le voit voler. Alewa, c’est un bonbon du Ghana, rayé noir et blanc…

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