Marcel Ophuls en a un peu assez qu’on lui reparle tout le temps du Chagrin et la pitié… Mais le fait est : son premier grand film documentaire fut un tel évènement au moment de son interdiction à la télévision et de sa sortie en salle – Le Chagrin et la pitié devenant d’emblée le symbole de la prise de conscience d’une mémoire française sommé de devoir repenser, au début des années 70, l’ambivalence du pays, entre collaboration et résistance –, qu’il tend à éclipser, encore aujourd’hui, la cohérence d’une œuvre, qui à partir de là, se construira sur plusieurs décennies. Le Chagrin et la pitié, ou le film auquel on le ramène et le résume sans cesse… A l’origine, le désir de ce film tourné en 1969 appartient plutôt à son co-auteur, André Harris. Marcel Ophuls, lui, affirme qu’il ne s’estimait ni plus ni moins intéressé par cette période de l’histoire que n’importe qui d’autre. Elle deviendra l’obsession majeure de son œuvre future : la cicatrice ouverte par le nazisme en Europe…

Mots-clés :
(ré)écouter Marcel Ophuls, sa vie, son oeuvre, son siècle Voir plus
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.