Etrange Christian de la Mazière, qui s’engage dans les Waffen SS alors qu’il a 20 ans. C’est un des personnages clés du Chagrin et la pitié, qui prend la parole pour la première fois après des années de silence. Longuement interviewé par André Harris, il s’offre un tour de piste documentaire pour faire une sorte de psychanalyse comme il le dit. Lui qui représente une des formes la plus radicales de la collaboration, défend un film arrivé à point selon lui. Pour lui surtout. Avec son témoignage, assez perversement, il veut se ressouder à la communauté et faire de sa soi-disante psychanalyse le symbole de celle que tout un pays aurait à faire… Le Chagrin et la pitié met bien en scène la manière avec laquelle toute une France, silencieuse jusqu’alors, discute de sa conscience et de responsabilité. Il y a Christian de la Mazière et de l’autre côté, celui des petites compromissions anonymes, il y a Marius Klein. Qui, craignant que les consonances de son patronymes ne nuisent à son commerce, fit paraître une annonce pour informer sa clientèle qu’il n’est pas juif… Cette séquence de quelques minutes, peut-être la plus célèbre du Chagrin et la pitié, est emblématique de la manière avec laquelle Ophuls excelle à révéler les zones d’ombre de

(ré)écouter Marcel Ophuls, sa vie, son oeuvre, son siècle Voir plus
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