Liebeleï est interdit à Berlin – comme vient de le rappeler la voix de Ralph Baum, le directeur de production fidèle à Max Ophuls – mais le film présent sur les écrans des champs Elysées. Max Ophuls accepte de tourner une version française, en deux semaines, dont il s’évertuera plus tard à interdire la projection. « La nouvelle langue, je la connaissais, je la parlai plus ou moins bien, écrit-il dans ses Souvenirs, mais quant à travailler dans cette langue, c’était une autre paire de manche. Je savais expliquer à une petit ingénue comment il fallait dire ‘Ich Liebe Dich’ ; mais je ne me voyais pas lui expliquer comment dire ‘je t’aime’ » Il tourne quand même six films en France. Quand il le peut, le petit Marcel assiste aux tournages des productions françaises de son père, qui lui apparaît sur le plateau comme un Dieu créateur du monde, maître de la lumière et du mouvement. Sur les Champs Elysées, au cours de ces mêmes années trente, il découvre Hollywood, Capra, les Marx Brother. La vie et le cinéma s’interpénètrent.

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(ré)écouter Marcel Ophuls, sa vie, son oeuvre, son siècle Voir plus
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