L’interview de Georges Kiejman date de 1981...

Douze ans plus tôt, Le Chagrin et la pitié une fois terminé, le conseil d’administration de l’ORTF débattait pour savoir si le film pouvait ou non passer à la télévision. Simone Veil, qui siégeait dans cette commission, fut la plus fervente militante de son interdiction.

A ses yeux, Le Chagrin et la pitié est une œuvre caricaturale, soutenant la thèse selon laquelle tous les français avaient été des salauds. A croire que certains des personnages du film n’étaient pas aperçus… Jusqu’à aujourd’hui, elle ne démord pas de sa position, et dans ses récentes mémoires, elle confirme qu’elle avait menacé de démissionner du conseil si celui-ci décidait d’acheter le film. Elle rappelle aussi ce fait, pour le coup indubitable: « Lors de sa sortie en salles, Le Chagrin et la Pitiérencontra d’emblée un vif succès. Il est vrai qu’il bénéficia d’une large publicité parce que l’ORTF en avait refusé la diffusion ; preuve irréfutable, aux yeux de certains, que le pouvoir ne voulait pas que la vérité éclate. » __

Avec le succès, vient le temps de la rupture entre Marcel Ophuls d’un côté, André Harris et Alain de Sédouy de l’autre.

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