Cette semaine, Shane Kimbrough et Thomas Pesquet ont réalisé une première sortie dans l'espace afin d'installer un nouveau panneau solaire sur l'ISS. Tout ne s'est pas passé comme prévu. Le travail n'est pas fini mais les deux astronautes sont rentrés sains et saufs.

Thomas Pesquet accroché par les pieds au bras robotique canadien lors de sa sortie dans l'espace
Thomas Pesquet accroché par les pieds au bras robotique canadien lors de sa sortie dans l'espace © NASA

Au menu de cette semaine, la première des deux sorties extravéhiculaires programmées pour installer de nouveaux panneaux solaires déroulants sur l'ISS. Le duo franco-américain n'est pas parvenu à mener à bien cette tâche en raison d'un problème mécanique imprévu au point de fixation des panneaux. Par ailleurs, une alerte sur le scaphandre de Shane Kimbrough a fait perdre une heure aux astronautes, le temps de vérifier si tout allait bien. La NASA réfléchit à une solution puisque le panneau n'est pas déployé et donc toujours pas opérationnel. Il reste un deuxième panneau à installer. 

Thomas Pesquet raconte ses impressions sur cette sortie éprouvante.

THOMAS PESQUET : "Ça s'est pas passé comme on avait préparé. Mais c'est comme ça, il y a souvent des petits soucis et il faut être prêt à sortir le plan B, le plan C et c'est ce qu'on a fait. Déjà, c'était un peu extrême. Moi j'avais déjà fait 2 EVA mais celle-là était un cran au-dessus en terme de complexité et de risque, avec le sentiment de risque que procure le fait d'être suspendu par les pieds en tenant ce truc (le panneau solaire déroulant ndlr) qui fait la taille de deux frigos au dessus du vide. Au début, il faut s'habituer et on vérifie 10 fois que ses talons sont bien engagés dans le système qui nous maintient sur le bras robotique parce qu'il n'y a que ça qui nous tient et ça bouge beaucoup. Il y a beaucoup de jeu mécanique, c'est pas comme si c'était très fixe. On a l'impression que ça balance pas mal. Et puis, ce qui est le plus difficile c'est de déplacer cette masse. C'est une masse de 350 kilos qui, évidemment ne pèse pas son poids, mais elle a de l'inertie. Ce qui veut dire que dès qu'on la lance dans un sens même d'un petit mouvement, c'est très difficile de l'arrêter . Cela demande de la maintenir en permanence le plus fixe possible donc c'est beaucoup d'efforts physiques. Et puis, on n'avait, ni nous ni les équipes au sol, conscience que ça allait être difficile mécaniquement. En gros, on avait  un système qui devait s'engager dans une fente du panneau solaire et le maintenir en place et ça ne s'est pas du tout engagé, ça tombait à côté. Donc on va changer l'angle avec lequel on le fait, la technique, et on va espérer qu'on y arrivera pendant la prochaine sortie mais c'est ça qui est intéressant ! Résoudre les problèmes."

Shane Kimbrough lors de la sortie. Sur la gauche les nouveaux panneaux déroulants
Shane Kimbrough lors de la sortie. Sur la gauche les nouveaux panneaux déroulants / NASA

FRANCE INTER : Dans quel état êtes-vous rentrés ? 

"On a fini assez fatigué. On a évidemment mal aux mains, mal au dos, un peu mal partout , on est un peu moulu après une sortie en scaphandre. C'est normal parce qu'on passe son temps à se battre contre le scaphandre. C'est comme une armure, il y a du métal qui frotte sur toutes les parties du corps donc on a des petites brulures, des petits bleus, des choses comme ça. C'est sûr que la nuit d'après a été assez réconfortante. On s'est mis au lit assez tôt ce soir-là".

Quel est le rôle des coéquipiers?

"Ils ont été super ! Depuis le matin à 5 h où ils ont fait le maximum pour nous mettre dans les meilleures conditions pour sortir puis pour nous ramener à l'intérieur de la station. Au retour, on avait tout. Ils nous avaient préparé des boissons fraîches. Nos collègues russes nous avaient fait du thé chaud. Il y a un plat russe que j'adore, c'est du mouton et Oleg m'avait fait réchauffé un plat de mouton qu'il avait mis avec le thé chaud dans une espèce de chaussette thermique. La même chose pour Shane donc avec nos deux chaussettes, c'était un peu Noël avec notre nourriture spéciale ! Voilà, c'était très sympa et puis au dîner, on s'est évidemment raconté tout ce qui s'était passé. Les collègues ont donné leur version à eux qui étaient aux commandes du bras robotique ou qui regardaient. Ils nous ont montré les photos. On a raconté ce qu'on a ressenti d'autant que des fois, on ne peut pas s'exprimer librement parce que si on laisse échapper un juron, comme c'est retransmis sur NASA TV, tout le monde écoute, donc on ne peut pas se le permettre. Donc on débriefe tout une fois rentrés à l'intérieur de la station".

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Samedi, c'est jour de ménage. En quoi cela consiste t-il?

Il y a deux opérations distinctes. La première c'est aspirer. On aspire toutes les parois mais surtout les retours de ventilation. Dans l'ISS, l'air est filtré, la ventilation est forcée donc l'air arrive à un coin des modules et repart à l'autre . On met évidemment beaucoup de filtres pour capter toute la poussière, les impuretés, les odeurs  et ces filtres se salissent énormément donc tous les samedis, on les aspire. La deuxième chose à faire c'est frotter. On a des lingettes désinfectantes et on frotte tout ce qu'on touche beaucoup: les poignées qui nous servent pour nous déplacer, les ordinateurs, les micros qu'on utilise pour parler avec le centre de contrôle, les machines de sport. Tout ça doit être briqué. On a deux modules chacun et celui qui tire le gros lot, il se retrouve avec le module où il y a à la fois le tapis roulant, la machine de musculation et les toilettes alors là, c'est beaucoup de boulot mais bon, c'est comme ça, c'est chacun son tour".

Pour regarder en direct la deuxième sortie extravéhiculaire, deux possibilités:

https://www\.esa\.int/ESA\_Multimedia/ESA\_Web\_TV

https://www\.nasa\.gov/multimedia/nasatv/\#media