Encore une semaine largement occupée par la gestion de la station, son ravitaillement, le renvoi des déchets pour l'équipage de l'ISS. Pourtant, Thomas Pesquet et ses collègues ont réalisé un nombre record d'expériences. Elles seront bientôt pour partie réalisées dans Nauka, un nouveau module russe.

Oleg Novitsky dans le laboratoire européen Columbus
Oleg Novitsky dans le laboratoire européen Columbus © NASA/ ESA

Après quasiment un mois à demeure, le cargo Dragon est reparti sur terre, chargé des expériences scientifiques réalisées par l'équipage. Au dernier moment, Thomas Pesquet s'est improvisé infirmier pour effectuer les dernières prises de sang sur chaque membre d'équipage afin de fournir aux chercheurs des échantillons les plus "frais" possibles.

"On a des échantillons sanguins mais pas seulement. On a des échantillons de salive, urine et sang et j'en passe. Ils sont congelés comme les expériences en biologie sur les cellules, sur les plantes, sur nos tardigrades (des êtres microscopiques étudiés pour leur résistance ndlr). On attend ensuite un Dragon pour redescendre. Le Dragon est rempli et au dernier moment, la veille et le jour du départ, on charge tout ce qui est réfrigéré. C'est une chorégraphie assez marrante mais précise. Il y a plein de frigos, de congélateurs dans l'ISS à différentes températures. Certains sont à -4°, d'autres à -90° , -30°, 25° ceux-là sont plutôt des incubateurs. On a donc des glaciaires avec des briques de froid ou de chaud selon le même principe que le pique-nique et en équipe de 2 , on range selon une liste. On branche les caméras pour faire ce rangement sous l'oeil du centre de contrôle. On essaie de faire ça en bonne intelligence pour ne pas briser la chaîne du froid et faire en sorte qu'entre le moment où ça sort du frigo de la station pour aller dans le nouveau frigo du Dragon, nouvellement branché, il n'y ait pas de délai, sans oublier les conditions pour que cela résiste à la redescente du Terre".

Les allers-venues de vaisseaux se sont enchaînées à un rythme soutenu. Surement peu de temps pour faire autre chose non?

"Plus qu'une semaine,c 'était un mois très intense depuis que Space X 22 est arrivé (le vaisseau cargo de Space X ndlr). On l'a déchargé entièrement, on a réalisé 3 sorties extravéhiculaires, on a renvoyé Cygnus (un vaisseau rempli de déchets ndlr) et puis on a réalisé toutes les expériences scientifiques qui étaient montées à bord du Space X 22. Ensuite le Progress (vaisseau ravitailleur russe ndlr) est arrivé donc c'est vrai qu'on a passé pas mal de temps à faire de la logistique, à vider des cargos, à les remplir mais c'est le propre des expéditions lointaines quand il faut ravitallier les bases en environnement extrêmes. Mais ce qui est sympa c'est que dans cet intervalle de temps, on a quand même aussi battu des record en nombre d'heures passées sur les expériences scientifiques donc c'est plutôt bien".

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Le module-laboratoire russe Nauka va bientôt arriver. A quoi ressemble t-il et à qui servira t-il?

"Il est tout en longueur. Il y aura notamment une couchette, des toilettes, une fenêtre d'observation pas aussi grande que la Cupola mais qui permettra de voir l'extérieur et de regarder vers la station et puis le bras robotique européen. Il permettra aux russes de réaliser des opérations à l'extérieur de la station, une capacité qu'ils n'avaient pas jusqu'à maintenant. Et puis, comme c'est un laboratoire, il y aura aussi des installations scientifiques, les fameuses "boîtes à gants", en atmosphère confinée qui permettent de réaliser nos expériences. Donc les Russes vont beaucoup y travailler mais pas seulement car il y a pas mal d'expériences que l'on partage. C'est le cas entre l'ESA et les cosmonautes russes. Oleg vient régulièrement dans Columbus. C'est d'ailleurs marrant car il me demande toujours s'il peut y aller et je lui réponds "mais c'est chez toi donc pas de problème", ce qui le fait rire. Il a été beaucoup plus dans Columbus que moi pendant la période où on faisait les sorties extravéhiculaires. Donc on va passer pas mal de temps dans Nauka. Personnellement, je me suis pas mal entrainé sur ce module et les tâches de robotique puisqu'il est doté d'un bras européen. Ca devrait encore pas mal m'occuper cet été."

Vous avez eu cette semaine plusieurs séances de communication avec des établissements scolaires, américains notamment. Est-ce que c'est inclus dans votre temps de travail et quel est le message à leur encontre?

"Ca dépend... Tout ce qui est réseau sociaux et photos depuis l'ISS, ça ne fait pas partie de mon temps de travail. Récemment, j'ai eu 3 fois 30' accordées pour le faire. Mais depuis 75 jours (rires) donc c'est quand même une activité très personnelle. En revanche, quand on a un appel ou une intervieu en direct dans la station, c'est mis sur notre emploi du temps et cela est inclut dans le temps de travail. Quant au message, il est le même pour nous tous. Dans la mesure où on partage les mêmes valeurs, on met plutôt en exergue le boulot, le côté "avoir un objectif", tout faire pour y arriver, se donner une chance, s'inscrire, se lancer, tenter. On a des profils variés mais on a en commun cette capacité de travail et de persévérance, donc c'est beaucoup ça qu'on essaie de dire aux jeunes. Ca n'est pas hyper facile à comprendre. Moi je ne le comprenais pas quand j'étais plus petit mais on essaie justement de se servir de notre image, du rêve qu'on suscite pour faire passer ces messages là auprès des enfants."