Ce soir, dans Modern Love on tricote et on détricote la sexualité : y a-t-il un âge pour jouir ? Spoiler : non ! Discussion fournie avec la psychanalyste Catherine Grangeard. Ménopause, désir, sexualité, “woman power” versus “girl power”... s'affranchir des diktats de l'âge pour jouir et se réjouir.

Y a-t-il un âge pour jouir ?
Y a-t-il un âge pour jouir ? © Getty / Oliver Rossi

C’est peut-être le symptôme le plus saillant de l’invisibilisation de ceux qu’on appelle pudiquement les seniors, en particulier des femmes de plus de 50 ans. Au cinéma, dans les fictions, elles ne représentent que 8% des protagonistes alors qu’en France, une femme sur deux a plus de 50 ans. 

On n’a malheureusement pas attendu la sortie idiote d’un écrivain pour considérer que le corps d’une femme devient exsangue et impraticable avec le temps. 

Cette disqualification avait déjà lieu au siècle des Lumières : on considérait alors qu’une femme ménopausée développait un certain nombre d’afflictions bien dégueulasses : ulcères, furoncles, vomissements de sang, sans oublier une « perte graduelle de la grâce féminine », avec une « peau jaune ou foncée, rude au toucher », des « mamelles inutiles » devenues « longues et pendantes ».

Un siècle plus tard, les psychiatres décrètent qu’une femme ménopausée va manifester un « penchant irrésistible pour les liqueurs fortes ». Et si elle boit comme un trou, la quinqua, c’est sans doute pour oublier, j’ouvre à nouveau les guillemets « la désaffection naturelle du mari ou de l’amant ».

Y a-t-il un âge pour jouir ?, avec la psychanalyste Catherine Grangeard

Psychanalyste et psychosociologue, Catherine Grangeard a travaillé sur l'obésité et la grossophobie et dans la continuité de ses décryptages des normes qui pèsent sur les corps, elle vient de publier le livre Il n'y a pas d'âge pour jouir ! – la retraite sexuelle n'aura pas lieu, aux éditions Larousse.

De qui parle-t-on exactement quand on parle des plus de 50 ans, des plus de 60 ans, des seniors, des personnes d'un certain âge, des femmes mûres... ?

Une femme adulte sur deux a plus de 50 ans, et pourtant cette femme-là, cette française sur deux est quasi absente des écrans. Les comédiennes décrivent bien ce tunnel. Comment expliquer cet effacement et en quoi ça n'est pas simplement le problème du 7ème art ? Et comment expliquer que les acteurs masculins, et les hommes en général, ne subissent pas le même traitement ?

La vision déformée et déformante qu'on a du corps des femmes est aussi lié à un phénomène biologique qui concerne et concernera la moitié de l'humanité et dont on parle peu ou mal : la ménopause. L'arrêt des règles est plus tabou encore que les règles elles-mêmes

On a très longtemps médicalisé la ménopause, avec par exemple des pilules qui sont censées amoindrir ses effets supposés sur le corps. En réalité, sous prétexte de vouloir venir en aide à des femmes, on les fragilise, on leur dit qu'elles sont malades de vieillir

On parle de girl power, et pas de woman power... comme si l'empouvoirment était nécessairement juvénile ?

A voir également sur le même sujet : le documentaire Ménopausées diffusé dans l'émission Infrarouge sur France 2.

La note vocale

Chaque semaine, un auditeur nous confie par téléphone ce qu’il fait, écoute, lit, regarde, visite ou cuisine pour ne pas s’abimer dans le blues dominical… Le film, la flânerie, l’appel à un ami ou encore la vidéo de chaton qui réconforte.

Cette semaine on écoute Cynaelle, son mantra anti-spleen : lève-toi et marche.

La page instagram de Cynaelle, remplie de positivité et d'énergie communicative, s’appelle melancoliemedit, pour ceux et celles qui voudraient y jeter un œil.

Vous pouvez nous laisser votre note vocale sur notre répondeur 01.56.40.28.10 ou en nous écrivant:  modernlove@radiofrance.com.

L'amour de l'art

Chaque semaine, une personnalité se confie a propos d’un livre, d’un film, d’un roman qui selon elle dit, chante, ou raconte le mieux l’amour.

Cette semaine le réalisateur Alexandre Arcady nous parle de ce livre majeur de Yasmina Khadra : Ce que le jour doit à la nuit. Une histoire qui mêle les amours d'enfance, les amours impossible et l'amour de l'Algérie. Il l'a d'ailleurs adapté au cinéma.

S'aimer comme on se quitte, la chronique de de Lorraine de Foucher

Le premier et le dernier jour dans la vie d’un couple d’amoureux. Le premier parce que tout s’y joue, le dernier parce que tout s’y perd.

Aujourd'hui Lorraine de Foucher, journaliste au Monde, nous raconte l'histoire d'Alice, 42 ans, à l'époque des chatroom sur Wanadoo. 

Pour vos témoignages : premierjourdernierjour@gmail.com. A lire ici dans sa rubrique du Monde.

La programmation musicale :

  • Benjamin Biolay – Comme une voiture volée
  • Jorja Smith – Come Over (feat. Popcaan)
  • Dusty Springfield – Son of a Preacher Man
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