Chaque dimanche, dans « Modern Love », on se demande ce qui se fabrique dans l’amour et par amour. Ce soir il est question de la construction des attentes sexuelles et sentimentales, principalement hétéronormées, d'homosexualité, de lesbophobie et de féminisme avec l'essayiste et militante Alice Coffin.

Portrait de la journaliste, féministe et militante LGBT à Paris le 21 septembre 2020.
Portrait de la journaliste, féministe et militante LGBT à Paris le 21 septembre 2020. © AFP / Joël Saget

"On ne peut plus rien dire" : c’est le refrain préféré des paniqués chroniques. On pourrait débattre à l’envie de cette assertion, mais on peut aussi commencer par remarquer qu’elle a déjà le grand tort d’occulter le silence qui entoure un mot, qui lui reste bien coincé dans les trachées.

Il s’agit du mot"lesbienne". Voldemort d’un espace médiatique, culturel, politique et sexuel qui n’a longtemps dit d’une femme qu’elle l’était, lesbienne, que quand elle mourait et encore, avec forces périphrases nécrologiques. L’une était une "adorable garçonne" l’autre était "une célibataire ombrageuse et discrète".

Si le terme est davantage employé aujourd’hui, c’est encore souvent en mot-clé sur un site pornographique. Ou alors pour dénigrer une femme et l’associer à des comportements qui seraient typiques d’une identité fantasmée et souvent haïe : être frustrée comme une lesbienne, s’habiller comme une lesbienne, parler fort comme une lesbienne. Même si tout ça ne veut rien dire, mais que ça dit beaucoup de ceux qui s’expriment ainsi. 

On questionnera avec Alice Coffin les problématiques de ce l’outing, des représentations, des responsabilités et des mécanismes de neutralisation qui sont à l’œuvre.

Alice Coffin

Alice Coffin est chercheuse, élue écologiste au Conseil de Paris,, militante féministe notamment auprès du collectif la Barbe, elle a co-fondé l’association des journalistes LGBT : l’AJL. Elle vient de publier Le génie lesbien, un essai paru aux éditions Grasset.

Comment expliquer cette obsession qui consiste à penser que la colère d'une femme ne peut naître que d'un traumatisme (inceste, père violent, viol...), mais pas d'un système... ?

Pourquoi, quand on veut discréditer une femme, on dit qu'elle est lesbienne ? 

Dans son livre, Alice Coffin écrit « toutes les femmes en couples hétéro morflent »., à commencer par le regard qu’on pose sur elle quand elles sont au coté d’un homme… Qu'est-ce qui passe dans ces regards, les gestes, les mots… où se place la toxicité ?

Certaines femmes se sentent obligées d'avoir des rapports par sentiment de redevabilité et aussi pour qu'on leur fiche la paix...

Le militantisme lesbien, LGBT, n'échappe pas à la récupération qui a lieu sur d'autres thématiques (le féminisme, le racisme...). Des marques s'achètent une crédibilité à peu de frais en faisant semblant de s'engager avec un spot incluant une lesbienne, un noir...

Qu'est-ce que la lesbophobie ? Cette addition du sexisme et de l'homophobie ? Et comment s'exprime-t-elle dans l'espace public, sous quelles formes ?

La note vocale

Chaque semaine, un auditeur nous confie par téléphone ce qu’il fait, écoute, lit, regarde, visite ou cuisine pour ne pas s’abimer dans le blues dominical… Le film, la flânerie, l’appel à un ami ou encore la vidéo de chaton qui réconforte.

Ce soir la note vocale est signée Fanny, son arme anti-spleen du dimanche soir : des chaussons-chaussettes, un chocolat chaud infusé au thé noir et des BDs !

Fanny a une chaîne youtube qui déborde de bonne humeur et de positivité : Fannyfique, sur laquelle elle parle de jeux de société, de brocante, de geekeries..., pour ceux et celles qui voudraient y jeter un œil.

Vous pouvez nous laisser votre note vocale sur notre répondeur 01.56.40.28.10 ou en nous écrivant : modernlove@radiofrance.com.

L'amour de l'art

Chaque semaine, une personnalité se confie a propos d’un livre, d’un film, d’un roman qui selon elle dit, chante, ou raconte le mieux l’amour.

Cette semaine le chanteur Hugues Aufray nous parle du Grand Meaulnes, roman d'Alain-Fournier qui résonne avec le souvenir de son frère et qu'il a mis en musique.

S'aimer comme on se quitte, la chronique de de Lorraine de Foucher

Le premier et le dernier jour dans la vie d’un couple d’amoureux. Le premier parce que tout s’y joue, le dernier parce que tout s’y perd.

Aujourd'hui Lorraine de Foucher, journaliste au Monde, nous raconte l'histoire de Michelle, 51 ans. Son histoire commence lorsqu'elle s'envole pour les Etats-Unis... 

Pour vos témoignages : premierjourdernierjour@gmail.com. A lire ici dans sa rubrique du Monde.

Programmation musicale :

  • Jane Birkin – Les Jeux Interdits
  • Gregory Porter – Everything You Touch Is Gold
Les invités
L'équipe
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