Au programme de notre émission, Modern Love, une célébration de la solitude avec l'écrivaine et journaliste, Véronique Aïache, spécialisée dans le bien-être.

Véronique Aïache, journaliste et auteure de nombreux ouvrages dont "L'éloge de la solitude" (Flammarion). Image d’illustration.
Véronique Aïache, journaliste et auteure de nombreux ouvrages dont "L'éloge de la solitude" (Flammarion). Image d’illustration. © Getty / Xavierarnau

Pour les sociologues et les soignants, la solitude est le terreau de la désolation et de la fragilité. Chez les bouddhistes, elle est signe de sagesse et de recueillement. Chez les écrivains, la solitude est une chambre a soi indispensable à la création littéraire. Chez Céline Dion, la solitude, c’est 90% de son répertoire. 

Pour notre invitée, Véronique Aïache, la solitude, celle qui va et vient dans nos existences, peut-être amadouée, disciplinée pour se réconcilier avec soi et même "masturdater".  Tout un art, auquel elle nous initiera ce soir. L'autrice nous dira aussi sans doute comment s’éloigner du vacarme des réseaux sociaux, et se préserver du jugement et des serpents qui sifflent sur les solitaires et les célibataires.

Véronique Aïache

La journaliste et autrice de plusieurs ouvrages paru chez Flammarion publieÉloge de la solitude, 1001 bonnes raisons d’aimer sa compagnie, un livre stimulant qui mêle des considérations personnelles, des citations bien troussées et des conseils pratiques pour apprivoiser la solitude, en tout cas, tant que celle-ci est volontaire, et passagère…

Avant toute chose, il faut séparer la solitude de l’isolement. Les gens font souvent l’amalgame.

Être seul, c’est soit l’être volontairement. Soit en étant exclu des autres. Il y a deux perceptions différentes dans la solitude : l’isolement volontaire, et l’isolement subi, qui est l’exclusion du groupe.
L’Insee ou la Fondation de France se penchent sur l’aspect sociologique de la solitude, avec des catégorisations démographiques : les personnes « mono-habitantes » (qui vivent seules), les personnes ayant un nombre de contacts réduits par semaine, et un troisième niveau : celui de la désolation, le fait de se sentir délaissé.

Être seul avec les autres

Beaucoup ont fait le choix de vivre seuls, et ne ressentent pas de sentiment de solitude. Et parallèlement, certains vivent en famille et pourtant se sentent seuls. Les adolescents par exemple, qui vivent encore chez leurs parents, se plaignent parfois d’un sentiment de solitude. Ce n’est pas un isolement physique, mais un isolement émotionnel. Être seul avec les autres, on l’a tous plus ou moins testé lors des périodes de confinement.
A l’époque de la Préhistoire, tout était tellement dangereux, que le clan état un gage de survie. A partir du moment où le clan excluait un individu, il le mettait en danger de mort. Quand on est isolé du groupe, on garde la sensation d’un coup, d’une sanction. On a gardé une empreinte psychologique de ce ressenti ancestral. Longtemps, l’exil (la privation des droits sociaux) a été une peine plus dure que la mise à mort.
 

Apprendre à s’ennuyer

Quand un enfant n’a rien à faire, il va développer son imagination. Il va remplir la case vide laissée par l’action. Quand on occupe un enfant tout le temps, on le prive de l’imagination. On le prive de la rêverie. De la création.
On n’éduque pas la société à appréhender la solitude. Que ce soit l’éducation des enfants, ou le reste de la société. On n’apprend pas la solitude. Il faut aller la chercher. 

Solitude et sexisme

Le droit au divorce est très récent en France. Les femmes qui divorçaient étaient déconsidérées, elles n’entraient pas dans le moule social de l’époque qui était de servir son mari. Ces femmes qui faisaient le choix de la liberté, partaient dans des conditions matérielles souvent désastreuses. C’était un déclassement social, mais aussi économique. Mais en revendiquant ce choix, elles passaient outre le regard social qu’on posait sur elle.

Prendre rendez-vous avec soi
On a parfois un regard de pitié envers ces personnes qui dinent en solo au restaurant, pourtant c’est un moment paisible. Il faut savoir le faire, se dire qu’on prend rendez-vous avec soi. Que quand on est seul avec soi-même, on ne peut être que dans un climat de douceur et de tendresse envers soi. 

La note vocale

Comme chaque semaine, un auditeur nous confie ce qu’il fait, écoute, lit, regarde, visite ou cuisine pour ne pas se faire casser la gueule par la déprime du dimanche soir … Ce soir, la note vocale est signée Arthur. Il consacre les reportages sur les saumons, les Smarties sur des pizza, John Fante. Tout un poème, littéralement. Son site : Première Pluie. Vous pouvez nous laisser votre note vocale sur notre répondeur 01.56.40.28.10 ou en nous écrivant:  modernlove@radiofrance.com

La programmation musicale

  • Catastrophe - La nuit est encore jeune
  • Andrea-Laszlo de Simone - La nostra fine 

S'aimer comme on se quitte, la chronique de Lorraine de Foucher

Le premier et le dernier jour dans la vie d’un couple d’amoureux. Le premier parce que tout s’y joue, le dernier parce que tout s’y perd. Aujourd'hui Lorraine de Foucher, journaliste au Monde, nous raconte l'histoire d'Aude, 32 ans. Son histoire commence au collège. Sa classe entame un échange avec une classe cambodgienne. Pour vos témoignages : premierjourdernierjour@gmail.com

À lire ici dans sa rubrique du journal Le Monde.

L'amour de l'art

L’heure de décacheter la lettre d’amour d’une personnalité à une œuvre qui parle d’amour. Ce soir, Blandine Rinkel du groupe Catastrophe effeuille pour nous le roman, Ada ou l'ardeur, de Vladimir Nabokov. 

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