Famille homoparentale
Famille homoparentale © Maxppp
**Eric et Alexandre vivent ensemble depuis 10 ans. Ils ont deux enfants nés d'une mère porteuse aux Etats-Unis. Laetitia Saavedra a rencontré les deux papas, la mère porteuse, Michelle, et sa propre famille, pour savoir quel bilan ils tirent de cette expérience.** La gestation pour autrui (GPA) est strictement interdite en France : mettre une personne en rapport avec une mère porteuse est passible d'un an de prison et de 15.000 euros d'amende. Et la ministre déléguée à la Famille, Dominique Bertinotti, l'a encore rappelé récemment : > Le gouvernement n'a pas l'intention de revenir sur l'interdiction de la GPA. Pourtant, des couples hétérosexuels et homosexuels ont recours à la GPA. On estime à 200 le nombre d'enfants qui naissent chaque année d’une mère porteuse. Alexandre et Eric, un couple d'hommes mariés, ont eu deux enfants de 5 et 2 ans nés d’une mère porteuse aux Etats-Unis. **Ils témoignent au micro de Laetitia Saavedra** :
Michelle a 44 ans, elle est infirmière pour enfants handicapés dans le Dakota du Sud (Etats-Unis). Avec son mari Jim, elle a eu un enfant, un seul, qui a aujourd'hui 15 ans, et n'en voulait pas d'autre. Ce n'est pas l'argent qui l'a poussée a devenir mère porteuse, mais le désir d'être enceinte. Précision importante, les enfants qu'elle a portés n'ont aucun lien biologique avec elle. Les ovocytes étaient ceux d'une donneuse, le sperme celui d'Alexandre. ### Les "enfants fantômes" de la République Michelle a touché 20.000 dollars à chaque grossesse pour couvrir les frais médicaux, très élevés aux Etats-Unis, ainsi que la transplantation de l'embryon. Administrativement, elle est la mère des deux enfants sur leur extrait de naissance américain, mais elle a abandonné ses droits parentaux à leur naissance. Alexandre, le père biologique, et Eric ont donc pu quitter les Etats-Unis sans problème avec leurs enfants. **Eric et Alexandre ont pu assister à l'accouchement :**
Les deux enfants d'Alexandre et Eric ont obtenu leurs papier français. Mais leur cas est rare : la majorité des enfants nés de mère porteuse à l'étranger n'en ont pas. On les surnomme les "enfants fantômes" de la République. Généralement, l'administration, suspectant une gestation pour autrui, refuse d'inscrire leur filiation dans l'état civil français. Deux arrêts récents de la Cour de cassation vont dans le même sens.
L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.