Le 1er février 2005, le docteur Loïk Dechazal est retrouvé mort dans une chambre de l’hôtel Le Méridien de Libreville, capitale gabonaise. Depuis quelques mois, il travaille comme médecin pour la Comilog, entreprise d’extraction de manganèse située à Moanda, filiale du groupe français Eramet.

Enquête Gabon - Dechazal
Enquête Gabon - Dechazal © Radio France

Lorsque son épouse, Régine Dechazal, vient identifier le corps à la morgue de Libreville, elle le découvre couvert d’ecchymoses. Il a vraisemblablement été battu à mort. Rapidement, l’enquête cible Thomas Nguindjoi Obame, alias Thomas Anderson, qui a réservé une chambre dans le même hôtel. Il passe aux aveux, est jugé par la Cour criminelle de Libreville et condamné à perpétuité.

Mais l’affaire n’est sans doute pas si simple …

Les éléments troublants dans l’affaire Dechazal

Si l'accusé reconnaît les faits, certaines incohérences subsistent. Notamment celle qu'il n'a probablement pas agi seul.

Pour Marie-Laure De Buhren, avocate de la famille Dechazal, l'agresseur avait des complices

Alors pourquoi a-t-on tué le docteur Dechazal? La piste du crime crapuleux, thèse officiellement retenue, semble peu probable. Avant de tuer Loïk Dechazal, l'accusé avait réservé une chambre au Méridien, hôtel quatre étoiles de Libreville. Lui qui était pourtant endetté, sans emploi, issu de la classe populaire. A son arrivée dans l'hôtel, il verse une caution de 150 000 francs CFA, l'équivalent de 200 euros. _Pour Maître Blazy, avocat de la famille Dechazal, cette affaire va au-delà_
Le lundi 11 février, un nouveau procès a lieu. Il fait suite à un pourvoi en Cassation déposé par l'accusé. _Ecoutez les explications de Maître Gisèle Eyue Bekale, avocate gabonaise de la famille Dechazal_
**La Comilog, qu’est-ce que c’est ?** [Comilog](http://www.eramet-comilog.com/) est l’acronyme de Compagnie minière de l’Ogoué. A l’époque où se déroule les faits, la Comilog de Moanda est dirigée par Marcel Abéké. Depuis septembre 2011, Jean Fabre, français expatrié au Gabon, l’a remplacé à ce poste. Débarqué, Marcel Abéké a été cependant nommé directeur exécutif auprès de la Direction générale d’Eramet, groupe français dont la Comilog est une filière.
Jardin-Comilog
Jardin-Comilog © Radio France / Cécile Dechazal
A Moanda, la Comilog exploite des mines de manganèse à ciel ouvert, l'une des principales richesses du pays avec l'uranium. Les salariés français de la Comilog vivent généralement dans les logements de fonction situés dans l'enceinte de celle-ci, sur la colline qui surplombe la ville de Moanda. C'est là qu'ont effectivement vécu le docteur Loïk Dechazal et son épouse avant le décès du médecin. **Loïk Dechazal, médecin-chef d'hôpital Marcel Abéké**
Hôpital Comilog
Hôpital Comilog © Radio France / Cécile Dechazal
Le docteur Loïk Dechazal, père de quatre enfants, ancien médecin-colonel dans l'armée, est parti s'installer au Gabon en septembre 2004. Ce spécialiste du Sida a effectué une grande partie de sa carrière en Afrique. Au Gabon, il prend la tête de l'hôpital Marcel Abélé, clinique privée de la Comilog à Moanda. Il occupera ce poste pendant cinq mois. Son épouse, Régine Dechazal, médecin du travail, l'accompagne. La veille de sa mort, le docteur Loïk Dechazal est invité avec son épouse à la table du directeur général de la Comilog Marcel Abéké. _Découvrez le message de condoléances laissé par Marcel Abéké_
Enquête Gabon - lettre Abéké
Enquête Gabon - lettre Abéké © Radio France
"Le docteur Dechazal aura marqué son bref passage à Moanda et à Comilog en particulier par sa jovialité et son ambition de créer un pôle sanitaire d'excellence à Moanda. Homme de parole, dévoué à son métier et de grande loyauté, Dr. Dechazal va nous manquer, même à ceux qui l'ont très peu connu. Le dimanche 30 janvier 2005 restera gravé dans ma mémoire, journée au cours de laquelle nous avons eu à partager quelques moments ensemble en présence de son épouse Régine et après une compétition de golf sur 2 jours. Il nous a quitté trop tôt à un moment où tous, avons commencé à apprécier ses qualités humaines et les valeurs humaines qu'il défendait. La direction générale exprime à Régine et à toute la famille durement éprouvée par cette situation, toute sa compassion et partage avec elles sa douleur"
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