François Hollande et Manuel Valls, duo de l'exécutif
François Hollande et Manuel Valls, duo de l'exécutif © Reuters

Ministre de l'Intérieur. Premier ministre. Et demain, président ? Manuel Valls n'a jamais caché ses ambitions. Et il peut compter, pour les réaliser, sur des personnes de confiance qui gravitent parfois dans son ombre. Enquête sur le système Valls.

En 1988, Manuel Valls, adhérent des Jeunes socialistes, savait déjà ce qu'il voulait. Et 25 ans plus tard, ce trait est resté : il est Premier ministre, et c'était l'un de ses objectifs. Mais pour en arriver là, il a fallu compter sur un entourage qui aujourd'hui encore le soutient.

Un entourage qu'on ne peut comprendre qu'en faisant une distinction : les amis d'un côté, les collaborateurs de l'autre.

Parmi les amis de 30 ans, il y a deux noms qui ne laissent pas indifférent, deux hommes rencontrés à la fac de Tolbiac. Le premier, c'est Stéphane Fouks, grand patron d’Havas Worldwide, ex Euro RSCG, et ancien gourou de la communication de DSK. C'est lui qui lui offre sur un plateau son réseau de grand patrons et quelques conseils stratégiques en terme d'images. Le second, c'est Alain Bauer. Criminologue, ancien Grand maitre du Grand Orient de France, et parrain d'un de ses enfants.

Collaborateurs et garde rapprochée

Manuel Valls prononce rarement leurs noms en public, mais ils sont toujours prêts, l’un comme l’autre, à distiller quelques conseils en coulisses. Comme lors de son discours de politique générale, où il se murmure que l’un des deux avait les larmes aux yeux.

Manuel Valls compte sur plusieurs personnes clé. D’abord son conseiller politique Yves Colmou, fin connaisseur de la carte électorale, rencontré dans les cercles rocardiens. Et sa garde rapprochée, des fidèles parmi les fidèles entièrement dévoués à sa cause, recrutés par Manuel Valls quand il était maire d’Evry.

Un peu plus dans l'ombre, Sebastien Gros, son chef de cabinet, mais aussi Harold Hauzy, le directeur de la communication, et Christian Gravel, qui pendant deux ans s’est occupé de la communication de François Hollande. Il y a quelques semaines, il a pris la direction du SIG, le service d’information du gouvernement, rattaché à Matignon.

Une résistible ascension

Appuyée par ces proches, la montée en puissance de Manuel Valls est graduelle. Tout comme l'avait été celle d'un certain Nicolas Sarkozy. Le parallèle, tout le monde l’a fait. Car Manuel Valls vise clairement l'Elysée... Mais pas tout de suite. Pour 2017, ce sera trop tôt, selon ses proches, qui misent plutôt sur une candidature en 2022.

Mais ce ne sera pas simple, car Manuel Valls est un homme clivant. À gauche, on s'en méfie : les écologistes, par exemple, ont quitté le gouvernement lorsqu'il a été nommé. Au PS, ceux qu'on a surnommé les "frondeurs" n'hésitent pas à s'opposer frontalement à lui, et il les retrouvera sur sa route dans tous les débats budgétaires.

Manuel Valls était la personnalité la plus populaire à gauche. Mais depuis son arrivée à Matignon, sa popularité ne cesse de s'effriter. Car en acceptant le poste de Premier ministre, il a pris un risque : celui d'être emporté dans la chute de François Hollande, président le plus impopulaire de la Ve République.

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