Rifaat Al-Assad
Rifaat Al-Assad © Reuters

L’enquête du dimanche s’intéresse au patrimoine immobilier controversé d’un ancien dignitaire du régime syrien : Rifaat al-Assad, 76 ans, l’oncle de Bachar al-Assad. Installé en France depuis le début des années 80, après un coup d’Etat raté en Syrie. Protégé par la France, il est désormais rattrapé par la justice. Une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet de Paris sur son patrimoine évalué à plusieurs millions d’euros : des appartements à Paris, Londres ou en Espagne. Deux associations, Sherpa et Transparency international s’interrogent sur l’origine de ces fonds. Tout comme des élus parisiens.

Ils visent notamment un terrain possédé par le Syrien. La mairie souhaite désormais en devenir propriétaire pour bâtir du logement social. L’adjoint au logement Jean-Yves Mano n’est d'ailleurs pas convaincu par les permis de construire déposés par Rifaat al-Assad. Mais avec les recours, une éventuelle expropriation ne sera pas effective avant au moins deux ans.

Des dizaines d'employés

Il n’y a pas que ce terrain vague qui suscite la polémique. Rifaat al-Assad est également propriétaire d’un domaine dans le Val d’Oise. Une propriété acquise auprès de l’Arabie Saoudite, dans la commune de Bessancourt.

Ce sont dans ces logements que vivent des employés de Rifaat al-Assad. Entre 50 et 200 selon la mairie, une centaine selon la famille Assad. Ils y vivent dans de mauvaises conditions, assure le maire. "Des conditions extrêmement acceptables", pour le fils de Rifaat al-Assad.

Deux familles syriennes ont déjà été relogées par la mairie, qui réclame une remise en état des bâtiments.

La vie de VIP

Un patrimoine et des conditions de logement contestées, on l’a vu. Pourtant, lorsqu’il s’installe en France, Rifaat al-Assad est accueilli à bras ouverts. Très bien introduit notamment auprès de François de Grossouvre, un fidèle de François Mitterrand à l’Elysée. Il bénéficie même d’une protection policière, comme nous le confirme un ex-agent de la DST.

Et, le 28 février 1986, il est même fait officier de la Légion d’Honneur par François Mitterrand.

Certificat de légion d'honneur de Rifaat al-Assad
Certificat de légion d'honneur de Rifaat al-Assad © Radio France / Benoit Collombat

Un homme "protégé" par la France. D'autant que Rifaat Al-Assad semble se montrer plutôt "généreux" avec ses hôtes. Le directeur du centre social, par exemple, dit avoir reçu l’équivalent de 3000 euros.

Simples "relations de bons voisinages", répond la famille Al-Assad.Rifaat al-Assad n’a rien perdu de son carnet d’adresse. En plus de ses avocats officiels, c’est l’ancien ministre socialiste des affaires étrangères Roland Dumas qui est désormais son conseiller spécial…

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