Début juillet on s’insurgeait. Début août, ça ne fait plus aucun doute : malgré la crise de la dette, « apocalyptique » nous disait-t-on, traversée par les Etats-Unis, on prend les mêmes et on recommence.

Les agences de notation, ces mômes en costard-cravate qui jouent à la maîtresse et à nous faire peur sont toujours dans la place. Et continuent de distribuer les bons et les mauvais points ! AAA comme l’andouillette, pour un État sûr comme la Suisse par exemple ; et D pour la Somalie, en hommage, sans doute, à toux ceux qui crèvent de faim dans la corne africaine. Entre les deux, BBB et CCCC, etc.

Les places financières sont donc suspendues à ces sigles et aux décisions de ces agences de notation qui font la pluie et le beau temps. Surtout la pluie, en l’occurrence.

Créées dans les années 80 aux Etats-Unis, elles se sont chargées toutes seules, à grand renfort de pronostics et de prophéties, d’évaluer la solvabilité des États et des entreprises qui les paient. Oui, qui les paient pour obtenir une note leur permettant d’emprunter sur les marchés obligataires.

En gros, si vous voulez un bon prêt, vous avez besoin d’une bonne note. Si vous voulez une bonne note, vous avez besoin de vous la payer. À ce niveau-là, ce n’est plus du conflit d’intérêt, c’est du raquette organisé mes enfants. Et ça explique leur rôle dans la crise des subprimes : payées donc par les sociétés qui veulent être notées, les agences sont méchamment tentées, concurrence entre elles oblige, d'attribuer une meilleure note que celle méritée afin de remporter le contrat. Résultat : elles ont surnoté des produits financiers pourris.

« Quand elles interviennent trop tard, on leur reproche de ne pas avoir anticipé la crise. Quand elles le font un peu trop tôt, on leur reproche de la provoquer » , assène un de leurs défenseurs.

Oui, un aveu clair et net de leur inanité donc. Qui a pour conséquence de dicter, sinon de contraindre un État à une politique de rigueur.

Traduction : le privé s’est juste substitué au pouvoir des électeurs.

La bonne nouvelle, c’est que la santé financière de ces agences est excellente : 96 millions d’euros de bénéfices pour Moody’s , 108 millions d’euros pour Standars and Poors , et 145 millions d’euros pour Fitch Ratings . Autant dire qu’il n’y aucune raison que ça change : ce système économique leur assure une belle rentabilité et les leaders de la notation n’ont, en ce qui leur concerne, guère besoin d’emprunter.

La Chine a désormais son agence de notation, l’Europe voudrait la sienne. On ne nous avait pas parlé d’assainir tout ça ? L’ONU, le FMI, ça sert à quoi en fait ?

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