Tous les matins, je passe devant le théâtre du Gymnase Marie Bell, boulevard Bonne nouvelle à Paris.

Tous les matins, au feu rouge, je regarde de loin l’affiche de l’adaptation théâtrale du Best-seller de John Gray, « Les hommes viennent de Mars, les femmes de Vénus ». Autant vous dire que tous les matins, j’ai la nausée.

Tous les soirs, quand je repasse : la salle est comble. Un public plus féminin que masculin. Ou disons, une grosse poignée de bonshommes de toute évidence arrachés un soir à leur caverne par des épouses ou concubines, déterminées à ce que toujours leur couple « ressemble toujours au premier jour ».

Mars et Vénus, nous dit John Gray, est « une véritable thérapie de groupe. Et nous apprend à communiquer avec sa moitié lorsqu’on ne parle pas du tout le même langage. »

Dans cet ouvrage qui a conquis des millions de personnes à travers le monde, chaque sexe dénonce les faiblesses de l’autre pour mieux se comprendre.Nous savons enfin ce que sont une femme et un homme car nos planètes originelles, Mars pour les hommes et Vénus pour les femmes, ont décidé d’avance du sens de notre vie. En gros, tu nais avec un pénis. T’es comme un élastique qui fait des allers retours entre sa caverne et bobonne.

Tu nais avec un vagin, tu n’est qu’une sorte de mer agitée et houleuse sujette à des creux obéissant à des cycles de 21 à 35 jours, passant d’un bel optimisme à de sombres dépressions. Oui nous dit John Gray, les Vénusiennes investissent sur les rapports humains : « la valeur personnelle d’une femme se mesure à la qualité de ses sentiments et de ses relations avec les autres ». Tandis que sur Mars, « les valeurs primordiales sont le pouvoir, la compétence, l’efficacité et la réussite ».

Madame a l’instinct maternel. Monsieur, l’instinct guerrier. Etre un homme, être une femme, former un couple – on passe sur le fait que pour John Gray l’homosexualité est une vue de l’esprit - former un couple, donc c’est rejoindre un camp où chacun est étiqueté selon son sexe et obéit aux règles de cette étiquette. Nulle fantaisie n’est permise, nulle créativité. John Gray nous encourage au bon ordre des choses. A l’enfermement. Un lavage de cerveau. Une façon de renier sa personnalité pour se fondre dans le collectifOui, tous les matins, j’ai la nausée. Mais j’ai un remède : le bouquin de Sophie Cadelen: « Toi, Mars... Moi, Vénus ou le contraire. La réponse d’une psychanalyste au livre qui a fait assez de dégâts comme ça ».

Le couple, rappelle l’auteure, est bien sûr et d’abord une rencontre d’inconscient à inconscient. Nous sommes tout simplement programmés par notre éducation, notre passé et les parents qui nous ont servi de modèles. C’est l’inconscient qui décide pour nous. Et qui fait notre singularité, pas notre sexe.

La psychanalyste insiste : « Jamais n’est envisagée cette terrible et pourtant simple considération. Et si, tout simplement, nous ne nous plaisions plus ? Et si dès le départ, nos nous étions unis pour de mauvaises raisons ? Et si nous nous étions trompés sur nos désirs propres et sur ce que chacun projetait sur l’autre. Le livre de John Gray dédouane son lecteur de toute responsabilité dans la faillite de son couple. »Et pourtant l’imposture de « Mars et Vénus » demeure à l’affiche depuis octobre 2007 et se poursuivra encore jusqu’au mois janvier 2012.Tous les matins, j’ai la nausée. Et je me demande bien ce que foutent les militantes, néo-bankables, d’Osez le féminisme et de la Barbe.Trop occupées sans doute à s’astiquer le clito et à peigner leurs bacchantes.

A . A

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