Hier dans le métro, une ado à sa copine : « nan, mais les mecs qui refilent le dass à leur copine, ça méritent la peine de mort. »

Le « dass », c’est le sida.

Passons sur la peine de mort. C’est un autre débat.

Encore que les petites, elles sont bien le produit de leur génération, visiblement bien ancrées dans l’air du temps.

Le 21 octobre s’ouvrait le procès d’Alan. Vincent, son ancien partenaire, l’avait attaqué en justice pour lui avoir caché sa séropositivité et transmis le VIH.

Conformément à la loi française, Alan est poursuivi pour « administration de substance nuisible ayant entraîné __ une infirmité permanente ».

« Je souhaite être reconnu comme victime, __ j'ai subi des mensonges durant toute une relation », explique Vincent lors du procès.

Ces affaires se multiplient et les condamnations sont de plus en plus fréquentes. A ce jour une quinzaine en France.

La bonne nouvelle c’est que ce n’est plus seulement les femmes qui attaquent leur conjoint. Les femmes trahies dans leur représentation de l’amour et de la fidélité. Les belles au bois dormant qui découvrent que le prince charmant a fricoté avec Blanche neige, Cendrillon et les autres et a ramené la chtouille à la maison.

La mauvaise nouvelle, c’est qu’on ne comprend toujours pas ce que condamnent les juges : la transgression ? L’adultère ?

Triste constat qui nous rappelle que le VIH n’est pas une maladie comme les autres.

Un rapport sexuel se fait à deux minimums, entre individus consentants. Tout le monde connaît les modes de transmission du VIH. Dès qu’on baisse son froc, même marié, même en confiance. On est garant de sa sexualité. Un homme ou une femme qui refuse de mettre un préservatif quelque que soient les excuses avancées signifie qu’il n’en a jamais mis avec les autres.

Qu’on se pose la question de la responsabilité de la contamination quand un séropositif continue de forniquer sans capote alors qu’il se sait malade est capital.

Mais surement pas en terme pénal. Cela revient à dire qu’on est moins responsable quand on est ignorant de son état. Le message qu’envoie la justice est donc : « Ne vous faites pas dépister, vous ne serez pas condamné » Incompatible avec les impératifs de prise en charge et de santé publique.

Aucune condamnation ne peut réparer le sentiment d’injustice de la contamination, encore moins la guérir. Et au nom du principe de précaution, c’est bien l’ensemble des 200 000 séropositifs que les magistrats nous proposent d’enfermer.

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