Joli documentaire, hier soir sur Canal+ .

« Les branleuses », c’est son nom. L’auteure, c’est la photographe Frédérique Barraja.

Et c’est du bon boulot. Un road-movie de la masturbation. Un éloge de l’onanisme au féminin. Pour une fois, ce ne sont pas les hommes qui nous disent comment on jouit, nous les femmes.

« Les branleuses », un exemple de plus, s’il en est : effectivement le féminisme revient en force. Le clitoris à découvert, cette fois.

C’est Odile Buisson, la gynécologue obstétricienne, la première à avoir réalisé – en 2008 - les toutes premières échographies de cet organe voué au plaisir - qui avait dégainé cet hiver, avec son bouquin «Qui a peur du point G ».

On apprenait, que jusque-là, il n’y avait aucune science de la sexualité féminine, qu’on étudiait l’appendice sur des cadavres, soit sur des vagins vides, réduits à des tubes raides et atrophiques.

Que la description du clitoris était erronée et n’avait été remise à jour qu’en 1998 !

Mais surtout, et c’est le comble, c’est à partir de la douleur africaine et des femmes excisées qu’on l’a découvert en Occident.

Pour une fois, les obscurantistes ont une longueur d’avance : ils ont compris bien avant mai 68, l’impact politique et social, de notre nerf érectile.

De là à dire à leur dire merci, il n’y a qu’un pas que je ne franchirai évidemment pas.

On sait enfin comment les bonnes femmes sont foutues.

C’est déjà ça.

Pourtant, j’ai comme un malaise avec la campagne franchement cheap de « Osez le clito », qui décrète « que l’intimité reste un lieu de pouvoir masculin ». Non pas un tabou : ce qui n’a pas du tout la même incidence.

Pour osez le féminisme, l’intimité devient donc un problème de société. Les pouvoirs publics sont par conséquent invités à y fourrer leur nez.

Le plaisir féminin devrait-il devenir un objet de débat national ? Et puis quoi encore ? Acculer à la jouissance est aussi totalitaire que la réprimer.

Dans un régime démocratique, l'intimité relève de la vie privée. Et ce n’est pas sœur Emmanuelle qui viendra nous dire le contraire.

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.