Quelles sont les causes des émeutes urbaines qui ont déferlé sur Londres depuis le 6 août ?

Comme toujours, dès que ça pète quelque part, tout le monde y va de son analyse, de ses comparaisons douteuses. Pour les uns ce sont les jeunes, pour d’autres les noirs, pour d’autres encore les pauvres. Et pour cause, par les temps qui courent : le jeune est un problème social. Le noir est un problème ethnique. Le pauvre est un problème de classe.

Alors on va mettre tout le monde d’accord et on va dire que ce sont les jeunes noirs pauvres qui sont à l’origine de la flambée de violence britannique.

En ce qui me concerne, du haut de mon 1 mètre 30, je ne vois pas bien loin. Et je constate seulement deux choses après avoir lu les témoignages dans la presse et téléphoné à mes petits camarades qui vivent à Londres.

La première, c’est la limite du multiculturalisme anglo-saxon, tant vantée par les pourfendeurs de l’intégration universaliste de principe à la française. De principe, j’insiste.

« Nous sommes des nègres », « C’est une guerre raciale », « Si vous voyez un frère saluez-le », « Si vous voyez un flic, tirez », disent les émeutiers. « Le resto antillais, l’Africain et le Vegetarian PogoCafe n’ont pas été vandalisés » disent les commerçants qui ont été pillés. « Ils n’ont pas d’éducation, pas d’aspiration. Ils ne croient pas en eux ». Sauf apparemment au fait d’être noir.

Et c’est le risque, quand on enferme les individus dans une communauté et dans des exceptions culturelles. « Le vivre ensemble » n’a aucune raison de l’emporter.

La deuxième chose, c’est l’échec manifeste de la vidéosurveillance, tant vantée par chez nous.

« On a eu l’impression que la police nous laissait tomber » disent les britanniques / « Pourquoi les policiers n’ont-ils pas pu les contrôler ? » / « Pourquoi sont-ils intervenus si tard ? ». Parce que tout simplement, ils n’étaient pas assez nombreux. Parce que le gouvernement britannique a réduit les effectifs de la police et qu’il a fallu les renforcer à la dernière minute. Oubliant qu’une caméra voit peut-être tout. Mais ne remplacera jamais des bonshommes. « On ne veut ni des Robocops, ni des caméras. On veut des êtres humains ! », racontait une habitante de Hackney.

Et oui, la police de proximité … même à l’ordre du jour en Angleterre.

Bref, la Grande-Bretagne n’est pas un modèle. Ni en matière de multiculturalisme, ni en matière de vidéosurveillance.

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