Et aujourd’hui, on se plonge dans l’univers homérique, de « l’Iliade àl’Odyssée, de la guerre perpétuelle au voyage initiatique » , avec le Hors-série de Philosophie Magazine .

Des philosophes, des historiens, des écrivains, des polyglottes décortiquent les chants et le langage de cette longue tradition orale qu’on a nommée « Homère ». Un langage poétique nouveau qui questionne la guerre, la souffrance, la Mort, le savoir, la ruse et la vérité.

Pour Sven Ortoli, le rédacteur en chef de ce hors-série, il y a un âge pour la lecture de l’Iliade et un autre pour celle de l’Odyssée . Un temps pour Achille, un temps pour Ulysse.

La mort sous nos latitudes est un spectacle indélicat, et le courage, une angoisse existentielle rarement apaisée : qu’aurais-je fait si (….) ?

Or l’Iliade nous parle de la guerre et de la mort, du courage et de la peur. L’Iliade , en somme, invite à appendre à mourir ; ou tout du moins à déterminer une attitude face à la mort. L’Odyssée , elle, invite plutôt à aimer la vie. À tel point qu’Ulysse refuse l’immortalité que lui offre Calypso.

Dans ce hors-série, à chaque chant est associée une problématique philosophique : de la colère à la culpabilité, de la beauté à l’hospitalité, de l’obéissance au libre arbitre, du désir à la barbarie, de la ruse à la vérité, pas un thème qui ne soit mis de côté.

La vérité et la ruse par exemple. Du cheval de Troie à sa rencontre avec le cyclope, Ulysse joue en maître du mensonge. Le philosophe Jean-François Mattei, y voit l’origine qui, de Platon à Heidegger, fait de la dissimulation la condition d’apparition de la vérité. « Ulysse est l’homme au mille ruses, dit-il, mais il est fondamentalement un personnage double qui joue avec la vérité et le mensonge. Or d’après Socrate, seul celui qui sait mentir peut dire la vérité car la philosophie demande la maîtrise de la vérité et de la réalité, mais également celle du mensonge et de l’illusion. Ulysse utilise en permanence la dissimulation pour faire advenir la vérité.

Oui, La vérité est bel et bien fille du mensonge.

À méditer.

Bref, la mise en page, l’iconographie, la cartographie, les propos, tout dans ce hors-série est d’une pertinence et d’une pédagogie rare. « L’Iliade et l’Odyssée, de la guerre perpétuelle au voyage initiatique » est un petit bijou qu’il faut avoir chez soi.

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.