Après sa traversée de la France en vélo pour s’opposer à la fermeture de la maternité de sa ville, le maire de la Seyne-sur-mer, dans le Var, arrivera donc demain à Paris sur le parvis de Notre-Dame.

Tout un symbole : la vierge a été accouchée par un âne et un bœuf, et c’est ce qui nous pend au nez avec les disparitions progressives des maternités de proximité.

La Seyne-sur-mer n’est pas un cas à part, et ces disparitions feront à long terme la joie d’associations dont je tairais le nom ici, celles qui militent pour l’accouchement à domicile comme au bon vieux temps des matrones.

Le combat de ces associations ? Dénoncer les non-sens de la prise en charge hospitalière, le recours systématique à l’épisiotomie, à la péridurale et aux injonctions médicales.

En 2011, l’accouchement est devenu un phénomène plus social que médical, « à priori sans danger pour 80% des cas, ce n’est pas plus dangereux pour une femme en bonne santé, accompagnée par une sage-femme qui la suit depuis le début, que d’accoucher à l’hôpital », selon ces associations.

Et de s’impatienter : « Rien dans la loi n’interdit l’Accouchement À Domicile, mais les sages-femmes trouvent de moins en moins d’assureurs. Il faut ouvrir des maisons de naissance, comme en Allemagne, mais il n’y a pas de volonté de politique ! » .

Encore un peu de patience mesdames, ça vient. Et surtout, de toute évidence, vu la tronche de l’hôpital public, c’est l’avenir.

« Mon corps m’appartient, même quand j’accouche, c’est mon sexe ». Pourquoi pas ?! Dans le fond, on a le droit de préférer une déchirure à un coup de ciseau. Une bonne vieille douleur christique à un anesthésiant. Et de trouver fendard de mettre bas à la maison. Une autre ponte est possible : chacun son truc, chacun son ventre. Des enfants quand je veux et « comme je veux ! ».

Encore faut-il avoir le choix ! Et à ce niveau-là, ce n’est pas une mutation, mais une régression.

La disparition progressive des maternités signifie le retour à des accouchements à deux vitesses : les bourgeoises iront accoucher en cliniques, les autres, avec une bonne vieille bassine d’eau tiède et un bâton entre les dents.

Mesdames ne poussez plus, chantez maintenant !

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