Il paraît que la laïcité n’est pas une opinion. Mais que c’est la liberté d’en avoir une. Il paraît oui.

Parce que je ne sais pas pour vous, mais depuis quelques jours, moi, j’ai franchement l’impression que ma liberté de conscience s’arrête quand commence celle des autres. J’ai clairement l’impression de baigner dans un monde où la religion fait foi.

Je n’ai évidemment rien contre les catholiques, les bouddhistes, les indignés de tous les pays. Encore moins contre ce besoin de spiritualité ou de pugilat collectif. Je trouve cela même très bien. Mais je ne vous cache pas que quand j’allume la radio, que j’ouvre un journal ou que je vais sur Facebook et qu’on m’abreuve de « reste jeune avec Benoit XVI, de « le bonheur quand je veux avec le Dalaï Lama » ou encore de « opprimés de tous les pays « indignez-vous » », je me sens effectivement quelque peu malmenée dans ma liberté de conscience et dans mon droit à l’agnosticisme personnel.

Alors oui, je veux bien que l’Église catholique laminée par le scandale des prêtres pédophiles tente de redorer son blason avec ses JMJ et son million-cinq de jeunes catholiques à Madrid. Je comprends les parents qui préfèrent savoir leurs gosses aux fêtes de la foi avec un mojito dans une main et la bible dans l’autre.

Je souscris volontiers au folklore bouddhiste, encore que ce ne soit toujours pas une philosophie, mais belle et bien une religion, contrairement à ce qu’on voudrait nous faire croire. Et j’accepte que le curé de Lhassa réunisse avec Stéphane Hessel des milliers d’adeptes en position du Jedi et en pijama safran dans leur petite sauterie toulousaine.

Oui, je veux bien qu’on soit en plein mois d’août, que l’actu fasse défaut, qu’il n’y ait pas que la crise et les chiens écrasés dans la vie. M’enfin tout de même ?!

L’indignation comme la foi ne se décrète pas. Croire en Dieu et monter sur les barricades ne se commande pas. Ce n’est pas faute d’avoir essayé. Je m’étonne juste que tous les micros se tendent vers ces cloportes de la prière collective.

Quand ce n’est pas le Dalaï Lama, c’est le « revival » des catholiques ou le jeûne du ramadan ou l’injonction à l’indignation.

Bref, est-il possible au XXI ème siècle de naître athée et refuser d’être acculé(e) à l’indignation ? Ou c’est vraiment trop demander en république laïque ?

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.