Désormais par chaque simple analyse d’un échantillon sanguin de la femme enceinte, il est possible de connaître le sexe du fœtus dès la 7ème semaine.

Et déjà les détracteurs pointent du doigt la question éthique de cette découverte : interrompre volontairement une grossesse parce que le bébé n’est pas du sexe désiré, constituerait selon eux un réel danger.

Des détracteurs sans doute habités par le spectre de la chasse au chromosome XX en cours dans toute l’Asie. Et pour cause.

C’est qu’en principe, il naît plus de garçons que de filles. Mais les garçons sont plus fragiles génétiquement, si bien qu’au final, les femmes sont plus nombreuses que les hommes.

Une statistique avérée encore partout, sauf dans le bloc asiatique – de la Chine à l’Inde, en passant par le Bangladesh, Taïwan, la Corée du Sud, le Vietnam, le Caucase, le Pakistan et l’Afghanistan- qui cultive depuis des siècles une survalorisation des fils, histoire de perpétuer la stabilité de l’ordre établi.

Telle est la morale de ces bons vieux dictons confucéens, musulmans et hindouistes : « une fille, c’est cultiver le jardin d’un autre », « trois filles, vous êtes ruinés, trois garçons, vous êtes sauvés ! ».

Eh oui, la femme est un fardeau, source d’appauvrissement puisqu’il faut lui trouver un mari et constituer une dot pour compenser la charge qu’elle est censée être pour la belle-famille. D’où le long passé d’infanticide des petites filles en Asie, retrouvées étouffées dans des sacs plastiques, balancées derrière des buissons, empoisonnées à l’éther, etc. Et la tripotée de brus cramées au vitriol par des marâtres, déshonorées, disent-elles, à cause de ces belles-filles incapables de leur pondre un mâle. Même si, soit dit en passant, c’est le sperme qui détermine le sexe de l’enfant.

En Asie, seul un garçon assure la pérennité du nom et des biens, soutient ses vieux parents dans la vieillesse et procède aux rituels funéraires.

« On aurait pu penser, développe la journaliste Bénédicte Manier, auteure de « Quand les femmes auront disparu »,que l’accès à l’éducation et l’émergence d’une classe moyenne plus aisée, le tout encadré par des lois qui prônent l’égalité entre les sexes, joueraient en faveur de l’émancipation des femmes. Que nenni : les milieux où les filles sont les plus indésirables sont justement les classes qui commencent à accéder à une consommation de type occidental car elles sont un obstacle à leur prospérité. »

Et la journaliste de préciser : « non seulement l’infanticide n’a pas disparu, mais avec l’avortement à but sélectif transformé en simple traitement médical,on arrive à une planification froide de la descendance en fonction de son utilité économique ». L’accès à la modernisation est donc loin d’endiguer l’extermination des femmes. Au contraire, depuis les années 80, avec la diffusion de l’écographie, des prélèvements sanguins et de l’amniocentèse, qui permettent de connaître le sexe du fœtus, le boulet est buté proprement dans l’œuf. Et l’élimination des filles est devenu un business florissant pour les cliniques privées qui proposent des forfaits TTC « écho+IVG » !

Résultat : il manque 100 millions de femmes en Asie.

En Occident, pas de différences entre héritiers ou héritières. Pas de raison de paniquer donc. Mais plutôt l’occasion de saluer cette belle découverte scientifique qui permet de déterminer le sexe du fœtus dès la 7e semaine et qui permettra à ceux qui sont frappés par les maladies génétiques comme l’hémophilie par exemple, de savoir s’ils s’engagent dans un long parcours médical ou pas. Pour les autres, qu’ils se rassurent, garçon ou fille, de toute façon, ils en feront un névrosé.

Et c’est plutôt un compliment !

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