« Le beau est ce qu’on ne peut vouloir changer » disait la philosophe Simone Veil.

Et c’est même ce qui peut vous sauver la vie, voire vous rendre coupable, si l’on en croit le témoignage d’une autre Simone Veil, qui a parlé, à chaque fois qu’elle l’a pu, de son expérience à Auschwitz.

Dans un entretien elle raconte, les larmes aux yeux, que les femmes de son camps n’avaient pas les cheveux rasés et qu’elles avaient gardé forme humaine. « J’avais 16 ans et demi, dit-elle, j’avais un aspect physique bien meilleur que la plupart des gens. Et il y avait toujours la chef du camp, une ancienne prostituée polonaise, qui regardait les files que nous formions. Elle m’a sortie du lot et m’a dit « vraiment je veux faire quelque chose pour toi, tu es trop jolie pour mourir ici. Je vais trouver quelque chose pour que tu puisses survivre ici . » Et elle a trouvé.

Le beau séduit, rassure, donne parfois raison, intimide peut-être.

La semaine dernière, le quotidien Le Monde faisait le compte-rendu d’une étude tout ce qu’il y a de plus sérieux. Celle du professeur d’économie à l’université du Texas, Daniel Hamermesh, intitulée « La beauté paie. Pourquoi les gens beaux ont plus de succès ».

Bon, l’étude ne répond pas vraiment à la question. Et surtout, qu’est-ce que le beau me direz-vous ?

N’empêche que l’économiste s’est aperçu que sur une échelle de 1 à 5, les critères des canons de beauté ne variaient guère d’un sondé à l’autre.

Et qu’une fois les 2774 salariés classés, les résultats parlaient d’eux-mêmes. Aux États-Unis, les beaux gosses gagnent 17 pour cent de plus que les laiderons et les bombes gagnent 12 pour cent de plus que les vilaines.

De fait, s’il vaut mieux être riche et en bonne santé que pauvre et malade, on n’a plus de chances d’être riche, si on est beau. Ah que la vie est injuste ! Satanées lois naturelles qui anéantissent régulièrement des siècles d’efforts civilisationnels !

La beauté, nouveau signe extérieur de richesse ? Sans doute. Et on pourra toujours se consoler en se disant qu’une femme très belle, au même poste, gagnera toujours moins qu’un mec laid comme un pou.

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