Selon un livre à paraître en septembre, du professeur Brian Ford, les espions britanniques avaient très sérieusement envisagé de modifier le sexe d’Adolf Hitler en dissimulant, dans les repas du Fürher, des hormones féminines, qui auraient réduit progressivement son agressivité.

Et l’on se prend soudain à imaginer le leader allemand hurlant sa rage à la face de l’humanité avec une petite voix fluette, une nouvelle paire de seins et une moustache dégarnie.

Ah ! Comme s’il suffisait d’hormones féminines pour devenir soudain nunuche et inoffensif. Penser que Hitler n’aurait pas été Hitler s’il avait été une femme relevait ma foi d’une vision angélique des femmes et d’une humanité peu conformes à la vérité.

Un joli conte de fée toujours en cours. D’un côté, les victimes –les femmes. De l’autre, les bourreaux -les hommes.

Rares sont ceux qui s’intéressent à la violence féminine. Côté féministes, le sujet est tabou. Dommage.

Car les rares qui se sont penchés sur la question mettent fin au mythe de l’innocence féminine.

Vous pensez que les œstrogènes ont adouci la barbarie de la comtesse Élisabeth Bathory, vous ?

Et dans les trois pays majeurs du totalitarisme, l’Allemagne, L’URSS et l’Italie, non seulement les femmes avaient un poids politique réel puisqu’elles avaient le droit de vote, mais les intellectuelles et universitaires allemandes, des femmes éduquées et politisées, soutenaient sans hésitation le régime hitlérien.

Les femmes SS représentaient 10 pour cent de l’effectif total. Chaque camp était dirigé par un homme SS, mais ce sont les surveillantes qui exerçaient une autorité directe sur les détenus. Or ces femmes, des coiffeuses, des chanteuses d’opéra mais aussi des enseignantes à la retraite, étaient volontaires et répondaient à des petites annonces publiées dans la presse allemande.

Eh oui, les exécuteurs zélés de Hitler comptaient un grand nombre de femmes. Le national-socialisme a servi d’exutoire à un potentiel d’agressivité existant aussi bien chez les hommes que chez les femmes.

En Espagne, ce sont les femmes qui ont impulsé la politique fasciste de Franco. Sans la participation des femmes au génocide rwandais, il n’y aurait pas eu autant de victimes. En 2003, l’ex-présidente des Serbes de Bosnie, Biljana Plasvic, était condamnée pour crime contre l’humanité en raison de son rôle majeur dans la politique serbe d’épuration ethnique durant la guerre de Bosnie de 1992.

En Palestine, en Tchétchénie, chez les Kurdes et les Tamouls, les kamikazes sont aussi des femmes. Et régulièrement, les faits divers font état de femmes bourreaux qui pratiquent la torture avec autant de doigté que leurs complices. Et ce sont bien souvent les mères qui imposent l’excision à leurs filles au nom de la tradition.

Bref, la barbarie n’a pas de sexe : les hommes n’ont pas le monopole de la violence.

Si Hitler avait été une femme. Il n’aurait sans doute pas été élu. Mais ça, c’est un autre problème.

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