Cette semaine, on écoute les deux derniers mouvements de la symphonie inachevée de Franz Schubert achevés par l'intelligence artificielle d'un smartphone de la marque Huawei, qui réalise une démonstration de puissance. Et en vidéo de la semaine, on découvre... le retour de Salvador Dali.

La symphonie a été interprétée à Londres, en début de semaine, par un véritable orchestre philharmonique
La symphonie a été interprétée à Londres, en début de semaine, par un véritable orchestre philharmonique © Radio France / Julien Baldacchino

Et si l'intelligence artificielle était désormais... compositrice de musique classique ? C'est en tout cas le propos du projet "Unfinished symphony", qui consiste à faire achever la huitième symphonie de Franz Schubert par un logiciel d'intelligence artificielle. Entre deux accusations d'espionnage pour le compte du gouvernement chinois, la marque de smartphones, en quête d'une nouvelle image, avait réuni des invités venus de toute l'Europe lundi à Londres pour découvrir cette symphonie. 

"On utilise une interface musicale qu'on nourrit avec des données, qu'on a entraîné avec beaucoup de musique de Schubert - environ 90 morceaux - pour lui faire comprendre comment Schubert créait de la musique et à quoi ressemble sa musique", explique Arne Herkelmann, l'un des dirigeants de la marque en Europe, et créateurs du dispositif qui se base sur le processeur dédié à l'intelligence artificielle embarqué dans le dernier smartphone de la marque. "On a repris le premier et le second mouvement, et nous avons créé la partie manquante du troisième et le quatrième mouvement", précise-t-il. 

Le résultat, c'est une musique qui, d'après le sentiment global partagé par des spécialistes, n'est pas désagréable à écouter... mais n'est certainement pas du Schubert. Certains y ont vu de la musique de film, d'autres la patte d'autres compositeurs comme Mendelssohn, d'autres enfin... des musiques solennelles comme celles utilisées pendant les Jeux Olympiques. 

Et ce n'est peut-être pas un hasard, car l'IA n'a pas agi seule. La machine est capable de proposer des mélodies mais pas (encore) d'orchestrer le tout. Un compositeur américain, Lucas Cantor - connu notamment pour avoir travaillé pour les JO - a donc travaillé main dans la main avec cette intelligence artificielle. "C'est comme avoir un collaborateur qui n'est jamais fatigué, jamais à court d'idées, qui n'a pas d'états d'âme", s'amuse-t-il. 

"Le principe de l'intelligence artificielle c'est qu'elle apprend au fur et à mesure... alors parfois il faut lui dire que ça ne va pas, et elle fait des ajustements", précise le compositeur. Mais on a eu beau demander, impossible de connaître la part exacte du travail de l'humain et de la machine dans cette production. 

Cette symphonie inachevée est donc pour l'instant une sorte de manifeste, de démonstration de puissance... on attend donc de savoir à quoi cela servira concrètement. Exemple d'application qui pourrait se baser sur cette puissance : le mois prochain, la start-up française Muzeek (co-fondée par André Manoukian) lancera une plate-forme de création de musique basée sur l'IA, qui servira notamment aux créateurs de contenu vidéo à illustrer facilement leurs productions.

La vidéo de la semaine : le retour... de Salvador Dali

C'est une étrange vidéo qu'ont vu les spectateurs du Superbowl, dimanche dernier, pendant la page de pub. A l'écran, une silhouette bien connue semblait leur parler, revenue de l'au-delà : celle de Salvador Dali.

Cette renaissance du peintre surréaliste se base sur une technique d'intelligence artificielle (là encore) qui permet de coller le visage d'une personnalité sur le corps et la voix d'un comédien, pour un résultat plus vrai que nature. Cet avatar de l'artiste sera utilisé au printemps au musée Dali, en Floride, où il sera le guide des visiteurs tout au long de l'exposition. 

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