Faire défiler des partenaires de romance, des offres d'emploi, et maintenant des contacts professionnels intéressants... La méthode Tinder s'applique de plus en plus à toutes sortes de relations sociales. Pour le meilleur et pour le pire ?

"Swiper" est désormais un geste qui dépasse largement l'application de rencontres Tinder
"Swiper" est désormais un geste qui dépasse largement l'application de rencontres Tinder © Radio France / Ouafia Kheniche

À quel point peut-on "Tindériser" la société ?

Cette semaine, en marge du CES (le grand salon des nouvelles technologies à Las Vegas), le directeur technique de Tinder, la célèbre application de rencontres pour smartphones, a annoncé une nouvelle application similaire, mais pour le monde du travail. Ça s'appellera Ripple, et ça doit en principe servir à créer de nouvelles relations professionnelles, en faisant défiler des contacts potentiels, géographiquement proches, avec leur photo, mais surtout la description de leur profil, compétences, CV, poste actuel, etc.

L'idée, c'est de simplifier à l'extrême la constitution d'un réseau professionnel, avec la mécanique classique de Tinder, où l'on fait glisser à gauche ou à droite la fiche de la personne selon que l'on veut ou non l'ajouter à ses contacts professionnels. Oui ou non, pas de demie-mesure, on est là pour inciter à choisir presque à l'instinct. Ça marche pour les rencontres amoureuses avec Tinder, les rencontres professionnels avec Ripple, mais c'est un concept qui ces dernières années s'est étendu à toutes sortes de domaines : Kudoz, qui vous propose de faire défiler des offres d'emplois, Twindog, pour trouver un compagnon de jeu pour votre chien, Reigns, un jeu vidéo où l'on prend des décisions en faisant défiler des cartes à gauche ou à droite...

Et si cette tendance n'était pas si négative qu'elle en a l'air ? Il y a un aspect fondamental du modèle Tinder, auquel on ne pense pas toujours, et qui est pourtant une des explications de son succès : c'est, au-delà de l'indéniable côté "supermarché des rapports humains", l'idée que le point de départ, c'est l'acceptation mutuelle du contact entre les deux personnes. Vous ne serez pas dérangé par quelqu'un qui ne vous intéresse pas (professionnellement), et à l'inverse, vous pouvez sans crainte tenter de contacter une référence dans votre métier sans craindre une réponse polie voire un refus clair et net.

À une époque où l'on est sollicité de toutes parts par les réseaux sociaux, par des amis Facebook, des abonnés Twitter démultipliés, ce modèle est peut-être une piste pour arriver à des contacts virtuels plus précis et donc moins superflus...

La vidéo de la semaine : le premier degré poussé à l'extrême

Gerald, personnage inventé par la chaîne YouTube "Le Pérave", a un problème : il prend tout au premier degré. Et c'est visiblement très difficile à vivre au quotidien.

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