Cette semaine, on revient sur la longue tribune publiée par le créateur de la chaîne YouTube "e-penser" sur la façon dont la plateforme gère les réclamations relatives aux droits d'auteur. Et en vidéo de la semaine, on découvre le quotidien de Colas Bim, un jeune illustrateur.

La gestion des droits d'auteur par YouTube est pointée du doigt par un créateur
La gestion des droits d'auteur par YouTube est pointée du doigt par un créateur © AFP / Jaap Arriens / NurPhoto

Bruce Benamran est le créateur de la chaîne YouTube de vulgarisation scientifique "e-penser", suivie par un peu plus d'un million de personnes. La semaine dernière, sur son blog, il a posté une longue tribune expliquant le différend qui l'oppose à YouTube et à d'autres créateurs, et qui parle de droit d'auteur. 

Pour résumer, lorsque vous postez une vidéo sur YouTube il faut qu'elle soit conforme au droit d'auteur, c'est-à-dire qu'elle n'utilise pas sans utilisation ni rémunération des contenus créés par quelqu'un d'autre (de la musique, des extraits de film, etc.). Sans quoi, les ayant-droits des contenus visés peuvent vous demander soit de retirer la vidéo concernée, soit exiger qu'elle soit monétisée pour eux, c'est-à-dire que la publicité placée avant ou pendant la vidéo ne rapporte plus de l'argent à la personne qui a mis en ligne la vidéo (vous) mais à l'ayant-droit. Et pour cela, YouTube a mis en place un outil nommé ContentID, capable de repérer automatiquement les potentiels manquements au droit d'auteur.

Mais ContentID, s'il est capable de repérer dans une vidéo un élément soumis au droit d'auteur, ne peut pas déterminer seul s'il y a un réel manquement. Car le droit d'auteur fait aussi l'objet de quelques exceptions, notamment un droit complexe appelé "droit de courte citation" (dans le cas de l'analyse d'une musique ou d'un film par exemple, on peut utiliser un court extrait, à condition que celui-ci soit réellement ce que l'on commente, et pas une simple illustration). Ainsi, une fois que ContentID a repéré un potentiel conflit de droit d'auteur, c'est à une main humaine de finalement faire une réclamation ou pas. Or certains producteurs semblent avoir la main lourde sur les réclamations : Bruce Benamran s'est par exemple retrouvé avec une vidéo dont les droits (et la monétisation) étaient réclamés par France Télévisions... alors qu'en réalité, c'était FranceTV qui avait utilisé un bout d'une de ses vidéos dans une émission.

L'autre problème dénoncé tient à la méthode d'arbitrage et de sanction de YouTube. Etant donné que la plateforme applique le droit américain qui évoque un simple principe de "fair use" à l'américaine alors que la France a des conditions plus contraignantes, YouTube refuse de se poser en arbitre dans les différends. Ainsi, si vous contestez une réclamation pour atteinte au droit d'auteur en estimant que vous êtes dans votre bon droit, par exemple en mettant en avant le droit à la courte citation, l'ayant-droit peut tout simplement la rejeter, sans avoir besoin d'avancer un motif. Autrement dit, c'est parole contre parole.   

Vous pouvez faire appel, mais là encore ça se jouera entre vous et la personne ou l'entreprise qui a effectué la réclamation... et si votre appel est rejeté, la vidéo incriminée est supprimée et votre chaîne écope d'une sanction... à moins d'accepter que la vidéo soit monétisée au profit des ayant-droits. Bruce Benamran a donc dénoncé un système qu'il qualifie de "quasi mafieux". Depuis, l'une des vidéos sur lesquelles il était en conflit a été rétablie... mais d'autres procédures sur d'autres vidéos sont en cours.

La recommandation vidéo de la semaine : Colas Bim 

Voici la chaîne vidéo du jeune illustrateur Colas Bim, qui dans ses vidéos raconte sa vie sous forme de petits personnages animés : il met en avant ses petits défauts, ses anxiétés, avec un petit personnage au visage tout rond et beaucoup d'humour.

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