Cette phrase, on la voit tellement passer sur Internet qu'elle pourrait presque en devenir la devise officielle. Une récente vidéo du célèbre youtubeur Norman a relancé le débat : peut-on encore rire de tout sur Internet ? Et est-ce vraiment la bonne question ?

Citoyens russes en costumes d'emoji à Moscou
Citoyens russes en costumes d'emoji à Moscou © AFP / Valeriy Melnikov / Sputnik

C'est bien simple, aujourd'hui, avec les réseaux sociaux (notamment), on n'a jamais été aussi nombreux à pouvoir dire qu'on ne peut plus rien dire. Et encore, cette chronique se limite à Internet, mais c'est un refrain que l'on entend aussi largement dans le monde réel, où certains ne cessent de se plaindre (assez ironiquement) de subir eux-mêmes un supposé "régime des plaintifs".

Rien de vraiment nouveau donc, mais si l'on vous en parle ce matin, c'est parce qu'une vidéo a relancé le débat de manière un peu inattendue, et d'où on ne l'attendait pas... On la doit au célèbre Norman, 10 millions d'abonnés sur YouTube, qui a en quelque sorte réalisé la vidéo "On peut plus rien dire" ultime, intitulée "Terrain miné".

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"Mais qu'allait-il donc faire dans cette galère ?", se demande-t-on en regardant le sketch. Parce que, pour reprendre l'allégorie de la vidéo, la défense de l'humour acide, "c'était pas sa guerre", à Norman, qui manie le plus souvent un humour assez inoffensif (dans le bon sens du terme) à base de réflexions sur les chats, les supermarchés, les jeux vidéo ou les barbecues.

Sauf que ce "on peut plus rien dire", un peu plus visible que les autres, a beaucoup fait réagir. Sur Twitter d'abord, où l'on s'agace de voir le vidéaste mettre dans le même sac les commentaires violents ou insultants, et ceux qui exercent simplement un droit légitime à la critique et au débat.

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Agacement que l'on retrouve aussi chez d'autres Youtubeurs, comme Licarion, qui analyse la vidéo de Norman dans une autre vidéo soulevant plusieurs points (notamment historiques) intéressants, que l'on vous laisse découvrir.

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Mais YouTube est-il devenu un public plus "susceptible" que la France de Desproges ou Coluche ? Pas nécessairement, et on peut même considérer que c'est tout l'inverse. Au-delà du fait que ces humoristes ont eux aussi essuyé des critiques (parfois violentes), voire des menaces à leur époque, on a aussi tendance à oublier qu'Internet a proposé des canaux de diffusion bien plus larges et bien moins contrôlés que pouvaient l'être ceux des années 80.

Le tout, avec un risque de censure finalement quasi inexistant. Pour prendre un exemple presque caricatural mais bien réel, YouTube a fermé la semaine passée la chaîne d'Alain Soral après plusieurs condamnations pour incitation à la haine. Fermeture qui a duré... à peine plus de 24 heures.

Internet est d'ailleurs un espace de liberté qui fonctionne dans les deux sens, et qui a aussi permis à des spectateurs toujours plus nombreux (et donc avec des sensibilités de plus en plus variés, et autant de risques d'être choqués ou blessés par un contenu diffusé sur la toile) d'avoir un regard critique, et surtout une possibilité de répondre. À se demander si ce qui gêne, ce n'est pas le fait que des blagues provoquent des réactions, mais que ces réactions soient soudain devenues visibles, tangibles, réelles.

La vidéo de la semaine : super-héros d'hier et d'aujourd'hui

"Rebooted" est un court-métrage de Sagar Arun et Rachel Kral, qui nous raconte la rencontre explosive entre "Owl Guy", un super-héros de bande dessinée des années 50, fluo et rigolo, et "OWL GUY", son alter-ego 60 ans plus tard, bien plus sombre et réaliste. Joli, bien fait et drôle.

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